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La Fage: le président du syndicat déplore le manque d’aide à la classe moyenne dans les études

La Fage: le président du syndicat déplore le manque d'aide à la classe moyenne dans les études

Le président de la Fage, Alexandre Leroy, dresse un constat accablant de la jeunesse et du système universitaire français qu'il juge inégalitaire.

« On dit que les études ne coûtent rien, ce n’est pas vrai », commence Alexandre Leroy, le président de la Fage, dans une interview au Dauphiné Libéré. « Les moins favorisés sont aidés par des bourses, les plus favorisés par une réduction fiscale (la demi-part bénéficiant aux familles ayant un enfant dans l’enseignement supérieur), et au milieu, il n’y a rien pour les classes moyennes. Avec un coût de la vie étudiante d’environ 1 000 euros par mois, cela ne laisse que l’option de travailler pour financer ses études », poursuit le responsable de la Fage qui déplore l’inégalité sur les bancs de l’université entre tous les étudiants. En effet, travailler pour financer ses études est un handicap de poids pour l’étudiant en question qui doit presque choisir son emploi du temps en fonction de son budget et pas de son importance dans le cursus. Pour cela, doit-il y avoir une aide financière adaptée à chacun des étudiants ?

La Fage plaide pour une université égalitaire entre les étudiants

Cette demi-part bénéficiant aux familles ayant un enfant dans l’enseignement supérieur est pourtant le sujet de préoccupation du président de la Fage. Dans son interview au Dauphiné Libéré, il explique que « nous sommes pour la suppression de la demi-part fiscale. Elle coûte au moins 400 millions d’euros à l’État, et ne profite pour l’essentiel qu’aux 30 % de familles les plus aisées. Cet argent pourrait financer des aides aux enfants des classes moyennes, dans le cadre d’une aide globale d’indépendance ». Malgré tout, le système inégalitaire entre les étudiants n’avoue qu’à demi-mots que les études françaises sont payantes. Les rendre officiellement payantes pourraient être une solution bien que dans l’exemple de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis, le système vient aussi à défavoriser une classe sociale ne pouvant se permettre de payer des études… Pire, à endetter les étudiants avant même de rentrer dans le monde du travail. Pour Alexandre Leroy, « l’enseignement supérieur est un bien collectif, qui doit être financé de manière collective, car qualifier la population active de demain profite à l’ensemble de la société ».

La présidentielle 2017 doit être un tournant pour les jeunes

Doit-on alors espérer un changement radical dans la vie des universités dans les années à venir ? C’est ce qu’attend la Fage et l’Unef des prochaines présidentielles. La prise de parole des groupes de jeunes lors des manifestations de la loi travail n’a abouti qu’à la création d’une aide pour les jeunes diplômés au chômage (ARPE), mais cela ne semble être que l’arbre qui cache la forêt. En effet, les inégalités se creusent avant même l’arrivée sur les bancs de l’université. Un étudiant salarié de classe moyenne sera désavantagée en comparaison d’un étudiant d’une classe sociale privilégiée et même d’un étudiant boursier pour qui la question du budget est moindre. En attendant le président de la Fage fait un constat bien triste de la jeunesse d’aujourd’hui: « notre génération connaît 25 % de chômage, et constate qu’elle n’est couverte par aucun système de protection sociale, en dehors la garantie-jeunes dont la Fage a négocié l’extension. Les jeunes ont vraiment l’impression d’être les laissés-pour-compte », déclare-t-il au Dauphiné Libéré.