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Etudiants: la fin des ordinateurs portables à l’université ?

Etudiants: la fin des ordinateurs portables à l'université ?
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Les ordinateurs portables pourraient ne plus avoir leur place au sein des universités. Des professeurs voudraient surppimer cet outil !

Les ordinateurs portables pourraient ne plus apparaître sur les bancs de l’université. En effet dans une tribune, un universitaire se plaint du manque de concentration des étudiants, cachés derrière leur tablette. Certains professeurs voudraient donc le supprimer tout simplement.

La fin des ordinateurs à la fac ?

En effet un professeur de langue de l’université de Lille, Olivier Estèves, milite pour interdire l’ordinateur. Dans une tribune parue dans Libération, l’enseignant regrette le manque de concentration de ses étudiants. « De toute évidence, leur esprit et attention sont accaparés par un contenu n’ayant absolument rien à voir avec celui du cours », écrit-il.

D’ailleurs, le professeur a même décidé que ses étudiants n’auraient plus le droit d’allumer leur écran en classe.

Pour lui les notes baissent. Toujours dans cette tribune Olivier Estèves s’appuie notamment sur trois études publiées entre 2014 et 2017. Elles prouvent que « On compare les résultats d’étudiants dont la moitié a suivi un cours en prenant des notes à la main alors que l’autre moitié a pris des notes sur un ordinateur portable. Ceux qui s’en sortent mieux aux examens sont presque invariablement les étudiants qui ont choisi le stylo ».

De plus au Figaro, Olivier Estèves confirme cela dans son amphithéâtre de l’université de Lille. « Les meilleurs étudiants restent toujours au stylo ».

Et ses collègues semblent du même avis. « Les trois quarts de nos étudiants qui intègrent le Top 3 des écoles de commerce n’utilisent pas d’ordinateurs », affirme Alain Joyeux, président de l’APHEC.

« Il y a trois raisons principales au fait que les étudiants réussissent mieux sans ordinateur, explique Alain Joyeux. D’abord les élèves ont une sensation du travail bien fait quand ils prennent leurs cours sur ordinateur. Le travail reste propre, et ils ne prennent parfois pas le temps de relire leurs notes. Ensuite ils ont toujours quatre fenêtres ouvertes sur internet. Avec autant de sources de distractions. Enfin les concours sont encore au stylo. Et nous nous rendons compte que certains étudiants ont désormais un mal fou à tenir quatre heures. Il faut qu’ils écrivent rapidement, proprement, et sans faire de faute d’orthographe », explique-t-il.

L’ordinateur peut-il être interdit ?

« C’est une question qui se pose pour la plupart de mes collègues universitaires », reconnaît Gilles Roussel, président de la conférence des présidents d’universités (CPU). « Aujourd’hui les étudiants restent peu réceptifs aux cours magistraux. Mais dans le cas où l’on supprimerait les écrans, il faudrait repenser complètement notre pédagogie. Pas juste revenir en arrière ».

La solution pourrait être tout simplement d’envoyer les documents au préalable aux élèves.

De plus la question reste « au cœur de la réflexion sur l’université ». « Nous nous interrogeons même sur l’intérêt de la présence physique en amphithéâtre. Alors que les étudiants écoutent de moins en moins et qu’ils pourraient suivre les cours de chez eux », conclut le président de la CPU.

Par exemple un professeur de droit des affaires de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne, donne d’ailleurs ses cours en simultanée sur Facebook. Et ses vidéos restent visionnées des milliers de fois.

Comment interdire les ordinateurs ?

De plus en classes préparatoires, « certains établissements comme le lycée Janson-de-Sailly à Paris, ont interdit les ordinateurs », précise Alain joyeux.

Léa se souvient elle ne prenait jamais son ordinateur portable en classe. « Il est trop difficile de prendre en note les maths et la physique. Et cela ne valait pas le coup de l’emporter uniquement pour le français et l’anglais ». « Aujourd’hui à l’école, je remarque que les étudiants qui ouvrent leur ordinateur, le font systématiquement pour faire un autre travail. Ou répondre à leurs mails, il n’écoutent que d’une oreille »,a t-elle ajouté.