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Etudes: les diplômes servent-ils encore à quelque chose ?

Etudes: les diplômes servent-ils encore à quelque chose ?

Alors que le nombre de diplômés augmente et que celui de jeunes au chômage aussi. Il est en droit de se poser une question… Les diplômes servent-ils à quelque chose ?

Et si les diplômes ne servaient à pas grand chose? En effet, depuis maintenant quelques temps les questions des études et de l’entrée sur le marché de l’emploi ne sont plus intimement liées. En effet, de nombreuses personnes aujourd’hui sur le marché du travail ne retrouvent pas forcément l’impact de leurs études dans leur vie professionnelle. Si dans des écoles de formations professionnelles, cela se ressent moins, à l’université, cela ne fait aucun doute. Aujourd’hui, certaines licences ne servent qu’à entrer dans des écoles privées qui fournissent l’équivalent en Master mais formant obligatoirement les étudiants vers des cursus et des activités professionnelles précises.

Des diplômes qui manquent de rareté

Peut-on donc justifier ce manque d’intérêt des diplômes universitaires ? La réponse est simple. En moins de 20 ans, une grande partie d’entre eux ont perdu toute valeur, même symbolique. Quelle est la raison, la volonté des politiques à vouloir faire grandir le nombre de jeunes d’une génération à obtenir un diplôme d’études supérieures? Pour le gouvernement actuel, le taux est fixé à 60%… Mais comment peut-on donner une valeur à un diplôme si celui-ci n’est plus valorisé. La rareté fait l’exception, et aujourd’hui, obtenir une licence dans des matières comme celles des sciences humaines et presque «facile». Certes le travail doit y être accompli et tout le monde n’en a pas les capacités. Malgré tout, il tient généralement de la motivation de l’étudiant plus que de la difficulté d’obtenir son diplôme.

L’université pas assez centrée sur l’entreprise

L’université n’est plus ce qu’elle était et les employeurs sont conscient d’un tel changement. Alors que quelques décennies auparavant, l’obtention d’un diplôme ouvrait les portes de l’emploi, aujourd’hui, la formation professionnelle passe nécessairement par les stages. Ces stages qui permettent de se former sur le terrain permettent aux entreprises une main d’oeuvre motivée et peu chère, et en contre-partie, une possibilité d’insertion dans le monde du travail pour l’étudiant.

Le stage plus important que le cursus

D’ailleurs, aujourd’hui, les stages et les expériences professionnelles sont la priorité des employeurs. Le diplôme ne sert qu’à agrémenter un CV déjà garni par une formation plus institutionnelle et c’est surtout l’expérience et la capacité à fournir une masse de travail conséquente qui est la priorité des employeurs. Autrement dit, le système universitaire et sa formation ne sont pas du tout adaptés à une vie en entreprise et aux attentes des entrepreneurs. Dans une interview donné au journal les Echos en 2013, Pierre Gattaz avait déclaré que «les formations dispensées à l’université sont trop souvent orientées pour la toute petite minorité d’étudiants qui se destinent à l’enseignement, et pas pour ceux qui vont ­aller travailler en entreprise».

Des diplômés sous-estimés et trop confiant

Le problème est encore autre. Car malheureusement, un certain niveau d’éducation requiert un minium d’exigence de la part des étudiants lors de leur entrée sur le marché du travail. Aujourd’hui, un bac +5 peut se voir proposer un SMIC pour un poste à responsabilité en entreprise. Si celui-ci évoque une refus, l’entreprise ne négociera pas car le rapport de force est démesuré et la file d’attente est tellement longue qu’elle finira bien à trouver une personne susceptible de répondre à des prétentions salariales aussi faible pour un degré d’éducation identique. Le marché du travail devient donc saturé sur certains secteurs nécessitant des études et vient à se vider sur le domaine de l’artisanat ou des métiers manuels. Un fossé qui grandit au fur et à mesure et qui nécessite forcément une restructuration de la vie universitaire.