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Emploi: une modification des règles du CDD qui touche la jeunesse

Emploi: une modification des règles du CDD qui touche la jeunesse
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Une réforme du CDD pour le libéraliser par secteur. C'est ce qui est proposé par le texte de la nouvelle loi travail. Premiers touchés ? Les jeunes.

C’est une nouvelle qui va probablement plomber les jeunes travailleurs. En effet, Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, veut pouvoir modifier les règles des CDD. Une modification qui pourra être propre à chaque secteur. Cette idée est inscrite noir sur blanc dans son texte de réforme. « Permettre d’adapter par convention ou accord collectif de branche les règles applicables au contrat à durée déterminée ». Ce qui signifie que chaque secteur pourrait déroger à la loi. Notamment en augmentant la durée des CDD (18 mois maximum aujourd’hui ndrl).

Bien évidemment, cette proposition ne plait pas à la classe syndicale. La CGT parle de précarité grandissante. Céline Verzeletti, membre du bureau confédéral, explique à Franceinfo qu’« En assouplissant ces règles, forcément, cela va multiplier les contrats à durée déterminée qui sont bien des contrats précaires ». Du côté de la CFDT, on est mitigé sur la question. Un tremplin pour l’emploi ? « En contrepartie, les employeurs, les branches, devront s’engager à avoir moins systématiquement recours aux contrats courts, et surtout, moins recours aux contrats très très courts », explique Véronique Descacq, secrétaire générale.

Les jeunes, cibles des contrats précaires dont les CDD

Mais qu’en est-il des jeunes ? Les CDD sont souvent le moyen d’entrer dans le monde du travail pour les néo-diplômés. Si les CDD ont cet avantage, ils ont aussi de nombreux inconvénients. Notamment la précarité créée par un contrat non stable. Un type de contrat qui ne permet pas de s’implanter dans la société française. En 2014, le CDD représentait 43% des signatures de contrat à l’issue des études. Trouver un appartement, avoir un prêt… tant de choses qui permettent de s’implanter dans la vie active et qui sont impossibles à réaliser avec un CDD.

Mais pourquoi les jeunes sont-ils la cible prioritaire des entreprises en CDD ? « Le jeune en CDD est un employé modèle. On le place dans une incertitude du travail en lui mettant en tête que ce sont les règles du jeu », nous avait expliqué Danièle Linhart, chercheuse au CNRS, lors d’une interview sur MCE. Utiliser les capacités professionnelles d’un jeune par la peur est une des craintes des syndicats.

« Si un CDD est subi, on est donc dans une forme de conflit de contradiction avec ces désir réels », analyse Christophe Devaux, psychologue et psychothérapeute dans une interview accordée à MCE. « Dans ces cas là, il peut y avoir des dissonances qui induisent des souffrances au travail ».

Vers la disparition des CDI au profit des CDD

La crainte majoritaire reste la disparition à petit feu des CDI. En effet, les coûts pour les CDD sont moindres en comparaison d’un CDI ou d’un contrat sous intérim. Pour Daniel Linhart, pas de surprise. La nouvelle génération est souvent confrontée aux CDD. Ce qui inclus que sur le long terme, ces contrats deviendront la norme dans le monde du travail. « On formate les jeunes avec des CDD et les actions managériales avec ce type de contrat en leur montrant que ceci est la réalité du travail ».

Alors que la question de la simplification du CDI avait été mise en avant lors de la Loi Travail de Myriam El Khomri, le projet a été mis à l’écart lors de la seconde écriture du texte. Alors qu’on tentait de libéraliser le marché du travail sur les contrats à durée indéterminée, il se pourrait que cette libéralisation se traduise dans les années à venir sur les contrats précaires.