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Cursus universitaire: une loi pour favoriser les meilleurs bacheliers fait scandale

Cursus universitaire: une loi pour favoriser les meilleurs bacheliers fait scandale
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Un projet de loi de Patrick Kanner est fortement attaqué par les syndicats étudiants qui trouvent scandaleux de favoriser les meilleurs bacheliers dans les choix de cursus…

Un projet de loi du ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner fait grincer des dents les universités. Ce projet, baptisé « égalité et citoyenneté », prévoit en effet une amélioration du dispositif pour favoriser les meilleurs bacheliers lors de leur entrée dans le monde des études supérieurs. Avant même d’être examinée par le Conseil D’Etat, cette proposition est déjà au coeur de la polémique qui verrait donc les meilleurs élèves privilégiés dans le choix de leurs études. En effet, les élèves ayant obtenues les meilleurs résultats seraient les premiers à pouvoir rentrer dans les filières universitaires à capacité d’accueil limitée. Parmi ces filières se retrouvent les doubles cursus, des cursus scientifiques ou sportifs.

Les syndicats étudiants unis, mais pas ceux des enseignants

Bien évidemment, les principaux syndicats étudiants (UNEF, Fage, PDE) se sont opposés à une telle pratique. Les syndicats des enseignants chercheurs se sont eux aussi opposés à cette réforme en dénonçant une tentative de sélection d’entrée à l’université. Mais malgré tout, la conférence des présidents d’université a voté en faveur de cette loi, au même titre que le syndicat Sup Recherche UNSA, expliquant que cette proposition est une reconnaissance de l’excellence de la formation universitaire française. Cet élargissement de la loi Fioraso sur l’enseignement supérieur, qui date de 2013 et qui prévoyait que les 10% des lycéens qui avaient obtenu les meilleurs résultats dans chaque filière puissent accéder plus facilement aux cursus fermés, a été mise en place poussivement en 2014 avant de monter en 2015 où 2 000 élèves avait profité de ce système.

Le problème de ce manque de place en cursus est budgétaire

Au Monde, Cassandre Bliot, responsable des questions universitaires à l’UNEF explique qu ‘ « en réalité, ce système concerne peu de monde et il est inefficace pour faire réussir les bacheliers ou les faire accéder à l’enseignement supérieur. L’étendre à l’université consiste à acter et à inscrire dans la loi les licences sélectives et les licences à capacités limitées, ainsi que la dichotomie avec les autres filières. C’est un non-sens car ces capacités d’accueil restreintes sont purement un problème budgétaire ». Un discours repris par Jean-Loup Salzmann, président de la CPU, qui déclare : « dire que ce dispositif va rendre le système sélectif, c’est prendre le problème à l’envers. Son but n’est pas de résoudre la question des capacités limitées qui dépendent du manque de moyens mais aussi du manque de débouchés. Et la solution n’est pas d’augmenter les capacités dans toutes les filières ».