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APB: pourquoi près de 6000 étudiants sont encore sans affectation?

APB: pourquoi près de 6000 étudiants sont encore sans affectation?

Il sont plus de 6 000 à être encore sans formation sur APB à la Rentrée 2017. Une situation bien plus préoccupante que celle qui était annoncée.

Sur APB, ils sont encore 6 010 candidats à être sans affectation et dans l’attente d’une réponse pour la Rentrée 2017. Soit 30% de plus que l’an dernier selon les chiffres dévoilés par Le Monde. Déjà au mois de juillet, ils étaient 65 000 sans réponse d’APB. Mais avec la procédure complémentaire, 48 000 ont trouvé leur bonheur et 11 000 ont abandonné le système.

Mais s’il ne reste que près de 10%, la solution a-t-elle été trouvée ? Un phénomène de plus en plus fréquent et de plus en plus prononcé se développe. Il s’agit de l’orientation forcée. Ce phénomène, c’est le choix d’un étudiant vers une formation ou un cursus qu’il ne désire pas totalement. Le problème qu’il en ressort reste un taux d’échec impressionnant en première année de licence. D’autant que ces personnes se dirigent habituellement vers des cursus et des filières libres. Ces filières sont celles qui acceptent, dans la majeure partie des cas, tous les étudiants en faisant la demande.

APB et l’orientation forcée des étudiants

Mais le choix quasi forcé d’une filière n’est pas une solution pérenne. Selon les données publiques, ils ne sont que 40,1% des étudiants à passer en deuxième année de leur licence. Autant de candidats qui se retrouveront sur APB l’année prochaine aux côtés d’un nombre de bacheliers encore plus important. Autrement dit, orienter mal les étudiants revient à repousser le problème d’une année sur l’autre. Et pire encore, à l’aggraver.

Si Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, a déclaré que le système APB était obsolète, sa solution reste avant tout une forme d’écrémage. Une sélection opérée durant l’année du Bac. Autrement dit, instaurer des prérequis aux étudiants souhaitant accéder à une filière avec ses chances de réussite au sein du cursus. Une forme de sélection qui risque de ne pas plaire aux acteurs de la vie syndicale étudiante. Ces derniers souhaitent avant tout trouver des solutions sur le court terme afin de ne pas handicaper la génération du Bac 2017.

Une rentrée 2017 déjà sous tension

« Entre les bacheliers toujours sans place et les amphis surchargés dans des universités qui ont encore poussé les murs, la rentrée sera particulièrement tendue », explique Lilâ Le Bas, la présidente de l’UNEF, au Monde Campus. Surcharges des salles, manque de professeurs, ou encore abandons des études en cours d’année… La vie étudiante devient de plus en plus compliquée. Si bien que ce sont les écoles hors procédure APB qui se frottent les mains.

Les écoles hors procédure APB grandes gagnantes de la défaillance

En effet, sur les 65 000 étudiants sans formation sur APB en juillet, 11 000 ont décidé de quitter la plateforme. Abandon des études ? Ou orientation par les écoles privées ? Ces dernières sont en effet les bénéficiaires d’une défaillance du système public d’orientation. Une crainte partager par Jimmy Losfeld, président de la Fage qui redoute une « privatisation rampante du système »

Frédérique Vidal semble vouloir réformer le principe d’orientation dès la Rentrée 2018. Reste à savoir si c’est la fin d’APB. Ou, du moins, du système d’orientation actuel qui chaque année rend de plus en plus difficile l’accès aux études pour les bacheliers.