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Découvrez le rapport de la CDEFI relatif à la nouvelle Stratégie Nationale de l’Enseignement Supérieur

Découvrez le rapport de la CDEFI relatif à la nouvelle Stratégie Nationale de l’Enseignement Supérieur

La Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs a tenu à faire valoir son point de vue à propos de la nouvelle Stratégie Nationale de l’Enseignement Supérieur prise par le Ministère tout récemment

La CDEFI est la Conférence institutionnelle qui représente toutes les écoles habilitées à délivrer le titre d’ingénieur diplômé. Ces écoles sont aujourd’hui au nombre de 217. Ces établissements, tous accrédités par la Commission du titre d’ingénieur (CTI), sont représentés par la CDEFI qu’ils soient publics ou privés et quel que soit leur ministère de tutelle. Les élèves des écoles publiques représentent 71% des effectifs totaux.

Le nombre de diplômes délivrés par les écoles d’ingénieurs est passé de 16 000 en 1991 à 31 000 aujourd’hui. Ce nombre est encore appelé à croître car les besoins de notre société en ingénieurs sont considérables. Sur la base actuelle de 30.000 ingénieurs formés par an, il faudrait donc former 6.500 ingénieurs de plus par an en 2017 et 21.000 en 2027.

L’ouverture au plus grand nombre

Nous pensons qu’il est nécessaire de renforcer la sélection par un système d’orientation active permettant une régulation des flux à l’entrée de l’ensemble des formations de niveau L, M et D de l’enseignement supérieur français.

Par ailleurs, l’accès à l’information en matière d’orientation représente aujourd’hui la principale entrave à l’ascension sociale. Par exemple, les écoles d’ingénieurs restent associées aux classes préparatoires dans l’opinion publique, alors que cette année encore la majorité des inscrits sont passés par une autre voie. Cette inégalité dans l’accès à l’information favorise les phénomènes de reproduction des élites. A cet égard, rappelons qu’il y avait en 2012-2013 27.3% de boursiers parmi les élèves-ingénieurs.

Cette ouverture ne peut qu’être favorisée par une formation technologique qui se développe à plusieurs niveaux : permettre aux écoles d’ingénieurs de délivrer une licence dans le domaine technologique donnerait la possibilité de répondre à tous les besoins des entreprises en termes de compétences. Ces licences seraient d’autant plus attractives qu’elles seraient délivrées par les écoles d’ingénieurs, qui travaillent en lien étroit avec les acteurs économiques.

La réussite pour tous par l’apprentissage

Nous souhaitons que les écoles d’ingénieurs puissent contractualiser directement avec les régions dans le cadre des formations par apprentissage et ne plus passer par les CFA : les coûts de fonctionnement des CFA qui accompagnent l’apprentissage sont importants et la possibilité de contractualiser directement avec les régions permettrait de concentrer les fonds davantage sur les formations et d’augmenter le nombre d’apprentis.

Accompagner l’étudiant dans le financement de ses études pour rétablir l’enseignement supérieur dans sa mission d’ascension sociale et garantir la réussite effective de l’étudiant par une insertion professionnelle rapide.

– En contrepartie d’une mise à niveau des frais de scolarité, permettre à chaque établissement d’enseignement supérieur et de recherche de se porter garant du financement des études de certains de leurs étudiants.
– Créer un dispositif de financement des études dans l’enseignement supérieur permettant à une entreprise de financer le cursus d’un étudiant.
– Créer un chèque-mission étudiant sur le modèle du chèque-mission associatif.

L’ouverture de l’enseignement supérieur français sur le monde : attirer les meilleurs étudiants, pouvoir délivrer tout diplôme en tous lieux. Les étudiants étrangers constituent aujourd’hui en moyenne 15% des effectifs des écoles, et ce contingent croît plus vite que les effectifs globaux : les besoins en ingénieurs des entreprises se sont accrus sans que les écoles puissent jusque-là trouver en France le vivier nécessaire. Le développement des écoles d’ingénieurs françaises dépend donc aujourd’hui largement de leur capacité à faire venir les meilleurs étudiants étrangers, et dans les meilleures conditions possibles.

Les écoles doivent donc avoir toute latitude pour déterminer si les dispositifs d’accueil qu’elles mettent en place (cours intensifs en français, tutorat…) permettent à l’étudiant étranger de poursuivre un cursus en leur sein. La majorité des formations dans les écoles d’ingénieurs se poursuivent en français, et les écoles doivent donc naturellement veiller à ce que leurs étudiants aient un niveau de français permettant la réussite de leur parcours et l’obtention du diplôme.

Les écoles ont des politiques diversifiées en matière linguistique, en fonction notamment des pays cibles ou des compétences de leur corps enseignant : en ce sens, l’examen préalable sur le niveau en langue française ne doit pas constituer un obstacle à une meilleure reconnaissance de l’offre de formation française.

La connaissance du niveau de français est nécessaire pour évaluer la nécessité de la mise en place d’une aide linguistique, mais ne doit en aucun cas empêcher l’obtention d’un visa. Concernant l’exportation des écoles à l’étranger, il est important que le diplôme français d’ingénieur puisse être délivré en tous lieux, dès lors que la formation délivre les garanties nécessaires au niveau pédagogique et au niveau de la gouvernance de la filiale.

Politique en faveur de la formation par la recherche

Pour faciliter la formation par la recherche des élèves-ingénieurs des accords-cadres ont été signés par la CDEFI avec trois grands organismes de recherche : INRIA (juillet 2012), CNRS (février 2013) et CEA (juillet 2013) dont un des piliers majeur du partenariat est la formation, incluant l’accueil des étudiants dans les équipes de recherche et encouragent la mise en œuvre d’un dispositif de chaires école d’ingénieur-organisme de recherche.

La formation de chercheurs-entrepreneurs

L’insertion des étudiants de niveau master dans le monde professionnel fonctionne bien. En revanche, l’adéquation reste à revoir au niveau du doctorat. Pourtant, les entreprises ont besoin de cadres de formation scientifique et technique de haut niveau. C’est pourquoi, en accord avec le MESR, la CDEFI a mis en place un parcours combinant une formation par des cours et par l’expérience en entreprise, au terme duquel est décerné un label « compétences pour l’entreprise ».

Ce parcours est à destination des doctorants venant de l’université et désireux de professionnaliser au maximum leur cursus. Les écoles mettent donc à profit dans ce cadre leur savoir-faire en matière d’entrepreneuriat, de gestion de projet, de manière à pourvoir les futurs diplômés de compétences plus professionnelles et à rendre leur parcours de formation plus attractif sur le marché du travail.

L’inscription dans les territoires : les politiques de sites

La CDEFI est favorable aux regroupements s’il s’agit d’un partenariat où chacun est gagnant. Dans le cas des regroupements prévus par la loi ESR, la Communauté d’Universités et d’Etablissements semble être la modalité qui corresponde le mieux aux écoles d’ingénieurs. Nous rappelons cependant notre volonté dans ce cadre:

– Tous les établissements doivent pouvoir participer à la politique de site ;
– Il doit y avoir dans les regroupements un réel projet commun, partagé ;
– Les différents établissements, quelle que soit leur taille, doivent conserver leur autonomie, gage de leur spécificité.

Articulation entre les cursus dans les écoles et cursus dans les universités

Il y a deux modèles différents : le diplôme d’ingénieur et le master. Les écoles d’ingénieurs sont plus professionnalisantes que les masters, forment en fonction des besoins de la société, du monde économique, selon un référentiel spécifique. Il est nécessaire de préserver les deux modèles dans leurs identités respectives, sans les opposer ni les confondre.

Les nouveaux modèles économiques

Aussi, dans le cadre de la compétitivité internationale qui se met en place, les écoles vont devoir passer à de nouveaux modèles économiques, soit :

– en demandant une participation financière plus importante aux étudiants, et particulièrement aux étudiants étrangers,
– en développant massivement des services lucratifs, de formation continue ou de transfert de technologies,
– en développant la VAE et en faisant payer au juste prix les services correspondants,
– en implantant des antennes (franchises sous leur marque propre) dans les pays où les formations technologiques se développent fortement.

Quelles que soient les pistes à explorer, elles ne pourront l’être sans que le MESR accompagne le mouvement, soit en acceptant une augmentation des droits d’inscription et en aidant les étudiants boursiers, soit en encourageant les dispositifs lucratifs ou les implantations à l’étranger (modèle australien). Si le modèle économique n’évolue pas, les écoles vont devoir faire des économies sur leur ultime variable d’ajustement qui est leur cœur de métier, à savoir la formation.

Une meilleure prise en compte des nouvelles modalités pédagogiques

Avec l’arrivée des MOOCs, il est nécessaire de repenser le nombre d’heures de cours obligatoires dans la formation d’ingénieur. Un étudiant peut assister à 300 heures de cours et cependant travailler 600 heures de son côté sur des projets, par exemple. De même il est essentiel de valoriser davantage le travail en mode projet (avec des plages d’encadrement par les professeurs).

Par ailleurs, les nouvelles modalités pédagogiques (numériques) doivent permettre de développer la formation continue. Il est crucial de mettre en place les outils nécessaires au développement de ces nouvelles modalités : infrastructures techniques, espaces de travail, formations des enseignants …

Communiqué