fbpx
Campus
Partager sur

Le maire de Sevran ne veut plus des seringues en libre-service qui finissent dans les bacs à sable des écoles

La ville de Sevran est une des seules communes en France à distribuer des kits d’injection en libre-service. Face à une recrudescence d’incidents sanitaires dans des écoles voisines, l’initiative pourrait bien disparaître

Imaginez que votre petite sœur tombe en jouant dans le bac à sable de son école sur une seringue usagée.

Voilà une image qui fait froid dans le dos mais qui a pourtant été la réalité de la cour de l’école élémentaire Emile Zola de la ville de Sevran, en début de semaine dernière.

Cette semaine, mardi 23 avril 2013 dernier, rebelote avec un junky qui a eu la bonne idée de s’administrer son shoot…à la sortie d’une nouvelle école ! Et c’est la goutte qui fait déborder le vase : les parents d’élèves ne lâchent plus le personnel de l’hôpital Robert Ballanger d’Aulnay-sous-Bois, à l’entrée duquel se trouve la pomme de discorde.

Un distributeur unique en son genre

En effet, depuis 2008, à l’initiative de l’association de réduction des risques liés à la consommation de drogues dures « First », a été mis en place un distributeur de kits d’injection, composés de 2 seringues stériles. La machine fonctionne à l’aide d’un système de jetons et dispose d’un stock de 180 de ces kits. On estime qu’en 48h, il doit être ré-approvisionné.

Et trop de seringues qui restent dans la nature : sur les 26 000 distribuées chaque année, l’asso First en récupère 20 000 usagées. Aux services municipaux d’assurer le reste : ces derniers en ramassent encore mensuellement de 300 à 350 supplémentaires.

Solution imparfaite

La faute à une grande rareté de ce type de bornes dans le reste de l’Ile-de-France, concentrant d’autant plus les consommateurs de la région. Et à un trafic accru de cocaïne dans plusieurs cités des environs, dont la tristement réputée cité des Beaudottes.

Une initiative à double tranchant, met en garde le maire de la ville EELV Stéphane Gatignon : «Les toxicomanes ont le droit d’être bien accueillis. Il ne suffit pas de leur donner des seringues, il faut une salle avec des médecins, des éducateurs, qui vont aussi pouvoir aider les gens à revenir dans la vraie vie». Il vient de demander à la ministre de la santé et des affaires sociales Marisol Touraine de faire retirer le distributeur suite aux événements récents.

T.C.

Source : 20 minutes

Photo DR : @Frederic Stoll