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Pour ou contre bosser au fast-food pour financer ses études ?

Devenir équipier polyvalent dans un fast food pour payer ses études est un rite de passage pour de nombreux jeunes. Une expérience que certains vivent très bien, alors que d’autres considèrent que c’est le pire job étudiant sur terre. Alors, pour ou contre bosser au fast food pour payer son loyer ? Mce ouvre le débat

Sandra, étudiante en master de sociologie spécialité politique environnementale, a bossé quatre mois à Mc do, pendant les vacances d’été. Ce travail lui permettait avant tout de financer ses « à-côtés », que ses parents ne couvrent pas. C’était la piste de facilité, le seul fast-food à Castres, la ville de mes parents. Je ne payais pas de loyer et je pouvais économiser mon salaire.

Pour Pauline, étudiante en 3e année à l’institut supérieur d’interprétation et de traduction de Paris, Mc do est un travail qu’elle fait pendant l’année scolaire, 7 mois durant. Elle bosse pour remplir son frigo et soulager ses parents qui payent ses études. Je n’ai eu aucune difficulté à rentrer à Mc do de Boulogne. Les embauches sont très régulières et il n’y a pas besoin d’être spécialement qualifié !

En quoi consiste le job en Fast-Food ?

Sandra était hôtesse de caisse à McDonald. Mes missions étaient assez variées. Je prenais les commandes, je les préparais et je les encaissais. Je pouvais aussi être de lobby, c’est-à-dire que je devais nettoyer la salle, vider les poubelles et laver les plateaux. Parfois on me mettait aussi aux frites où je m’occupais des cuissons pendant mon shift Pauline était quant à elle en cuisine, où elle s’occupait de la préparation de burger. Je confectionnais les sandwichs et je pouvais aussi être au lobby, nettoyer les toilettes, mais c’était plus rare

Quelles sont les qualités requises pour bosser au Fast-Food ?

Pour bosser en fast-food, il faut être rigoureux, sérieux, être rapide, adroit et savoir garder son sang-froid et son calme en période de rush. En soi, le boulot n’est pas très difficile, tout le monde peut le faire. Il faut juste être capable de supporter la pression constante témoigne Sandra. En cuisine, le travail de Pauline n’est pas compliqué non plus, mais n’est pas très agréable. Il fait chaud, y’a du bruit et il faut toujours aller vite

Bosser au Fast-Food, pour ou contre ?

Travailler en Fast-Food est souvent l’occasion d’avoir une première expérience professionnelle comme ce fût le cas pour Sandra et Pauline. Je suis sûre que travailler à Mc do c’est un vrai plus sur le CV. Ça prouve aux employeurs que je suis capable d’effectuer des tâches rapidement et de supporter la pression, souligne Pauline. En effet, le fast food reste une bonne école pour apprendre les réalités du monde professionnel.

De plus, la majorité des employés sont étudiants et ce travail peut se concilier avec des études. Pauline a pu travailler au Mc do les premières années de son cursus universitaire. Je pouvais aménager mes horaires en fonction de mes cours. Ils savent qu’on est étudiants et se sont adaptés à mon emploi du temps. Je travaillais 8h par semaine, 4h le vendredi soir, 4h le samedi soir. C’est gérable en étant organisé, mais je ne pourrais pas le refaire avec la charge de travail que j’ai en 3e année. Même son de cloche du côté de Sandra qui elle a choisi de travailler pendant l’été de peur que le travail empiète sur ses études En tout cas, bosser au fast food en Master, ça me semble quasi-impossible .

Le salaire dans les fast foods est en règle générale, calé sur le SMIC horaire. Je trouve que le boulot n’est pas trop mal payé. Pour 8h hebdomadaires, je touchais entre 250 et 320€ par mois explique Pauline, qui bénéficiait également de repas les jours où elle travaillait.

Enfin, le fast food est une bonne piste pour tous ceux qui manquent d’expérience ou ont du mal à trouver du travail ailleurs. Selon Pauline, McDonald laisse sa chance à tout le monde du moment qu’on est motivé. J’ai déjà vu une nouvelle postuler le matin sur le site et se faire embaucher l’après-midi même, ils ont toujours besoin de monde et embauche indifféremment du milieu et des qualifications

Le boulot n’est donc pas très difficile.
Pourtant, de tous les jobs étudiants que Sandra a faits, Mc do est en dernier de sa liste de préférence.
J’ai travaillé au Galerie Lafayette, en tant que caissière dans des grandes surfaces et je fais souvent des missions d’enquêtes pendant l’année universitaire. Caissière c’était vraiment mieux comme job. À Mc do, t’es toujours sous pression, traqué par les managers, c’est anxiogène

De fait, l’univers du fast-food n’est pas l’univers le plus épanouissant au monde. Quand tu rentres à Mc dos, tu t’enfermes dans un univers. Tu bouffes Mc do, tu bosses Mc do, tu vis Mc do, tu rêves Mc Do, tu sors avec tes collègues Mc do, tu respires Mc do…

Tout passe par le personnel avec qui tu bosses

Sandra et Pauline ont eu la chance de tomber dans de bonnes équipes où l’ambiance était à la rigolade. Mais une mauvaise ambiance, un manager constamment sur le dos, des horaires contraignants (soirées, week-end, jour férié) et des objectifs de rendements oppressants peuvent vite faire virer l’expérience au cauchemar. J’imagine que selon l’équipe avec laquelle tu tombes, ça peut vite devenir horrible d’aller travailler confesse Pauline. D’autant que les pratiques de « bizutage » sur les nouveaux équipiers sont pratiques courantes au sein des fast-foods.

Mais tout passe par le personnel avec qui tu bosses, ajoute Sandra. Dans les 1res années d’études, ça se fait comme boulot. Ça permet de découvrir à quel point le monde professionnel est ingrat .

Coralie Pierre
Source : L’express