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IUT Saint-Denis : le directeur de l’établissement reçoit plusieurs menaces de mort

IUT Saint-Denis : le directeur de l’établissement reçoit plusieurs menaces de mort

On se croirait en plein feuilleton policier, c'est pourtant la vraie vie : le directeur de l'IUT de la commune de Saint-Denis ne ferme plus un oeil la nuit depuis qu'il a reçu environ quinze menaces de mort anonymes à l'encontre de lui et de sa famille

Ce sont nos confrères de RTL qui ont révélé l’information hier : l’actuel directeur de l’IUT de Saint-Denis est la cible de menaces de mort écrites, selon la bonne vieille méthode du corbeau consistant à découper des caractères dans les journaux pour former des mots.

Cet établissement né en 1968, un des premiers du territoire à avoir vu le jour, réunit quelque 2 000 étudiants plus 310 apprentis et 170 inscrits en formation continue : doté d’une solide maquette pédagogique, il dispense 9 licences pro ainsi que 8 DUT différents. Ces derniers temps, ce centre de formation a à plusieurs reprises fait les gros titres de la presse pour des histoires sulfureuses.

Limogeage d’un responsable pour corruption supposée, alerte à la bombe et conflit associatif

2014 aura commencé sur les chapeaux de roue pour l’IUT Saint-Denis, déjà déficitaire : après qu’une fausse alerte à la bombe survenue le 3 février dernier ait provoqué l’évacuation complète du campus, c’est le chef du département Techniques Commerciales Rachid Zouhab qui était débarqué au mois d’avril pour dysfonctionnements majeurs et soupçons d’emplois fictifs, d’après RTL. L’entourloupe portait sur 60 des 120 contrats de vacataires, que l’intéressé aurait remplacé par des proches, pour un préjudice financier de 200 000 euros.

C’est dans ce climat tendu que la direction de l’IUT part en croisade contre une association « L’ouverture », sensée gérer des activités culturelles alors qu’elle transforme régulièrement le local associatif en salle de prières, tout en refusant de partager l’espace avec d’autres. La vente de sandwiches halal dans le hall de l’IUT en début d’année avait été perçue comme une provocation prosélytiste supplémentaire. Le ton monte, et la rencontre entre les deux directions qui aurait permis de tout désamorcer n’a finalement pas lieu. Les premiers courriers arrivent, d’abord au bureau du directeur, puis à son domicile…

« J’appelle tous les musulmans à te punir. Tu dois payer, toi, tes proches, tes enfants »

Plusieurs des menaces reçues au cours de ces trois derniers mois comportent un caractère islamiste tandis que certaines des dernières que lui sont parvenues ont été écrites en arabe. Ces missives sont composées en évitant l’écriture manuscrite, plus identifiable, et comportent de lourdes intimidations : Tu vas mourir, toi et tes enfants. L’une des quinze reçues jusque-là est une photo en noir et blanc du directeur, le visage barré d’une croix avec l’inscription du mot mort.

Si l’équipe pédagogique de l’IUT a manifesté son soutien au directeur en ratifiant une pétition, des comités de l’établissement doivent tenir aujourd’hui même leur AG pour discuter de cette affaire et faire bloc. Après avoir porté plainte à chacune des lettres reçues, la direction de cet IUT dépendant de l’Université Paris XIII a saisi la justice, tout en admettant être déroutée par la nature des menaces proférées. L’enquête se poursuit encore pour tenter d’identifier le ou les auteurs de ces courriers classés pénalement dans la catégorie des délits, et pour lesquels on encoure jusqu’à 3 ans de prison ainsi que 45 000 euros d’amende.

Sources : metronews , lefigaro , rtl , leparisien , 20minutes , francetvinfo