fbpx
Campus
Partager sur

Trois étudiants sur 10 échouent en licence

Les résultats de l’enquête, publiés le 10 avril dernier, par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ne sont pas glorieux pour l’université française. Trois jeunes sur dix quittent l’université sans aller au bout de la licence, et seulement un tiers obtient sa licence en trois ans. Des résultats qui sont en baisse constante sur ces cinq dernières années

La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) est à l’origine d’une note envoyée aux universités pour les encourager à contrer l’échec de leurs étudiants. Seulement 27 % des bacheliers parviennent à obtenir leur licence en trois ans.

Des redoublements courants

Les redoublements sont aussi courants en master, moins de la moitié des étudiants, soit 46% l’obtiennent en deux ans. Les bacs pro sont les étudiants qui s’en sortent avec le plus de difficultés à l’université puisque seulement 2,7% obtiennent une licence dans les délais normaux. Les bacheliers en filières générales s’en tirent mieux avec un taux de redoublement de 12%.

L’unef estime que 50% des premières années de licence ne vont jamais plus loin, 30% redouble, 16% se réoriente et 6% démissionnent purement et simplement. Quant on considère qu’un étudiant coûte environ 7 000€ par an à la collectivité, l’université devient un gouffre financier pour l’Etat. Les enjeux sont alors importants pour le gouvernement.
31 % des bacheliers qui achèvent leur licence en trois ans viennent de famille aisée alors que ceux issu de famille plus modestes ne réussissent qu’à 21%. Globalement, les filles semblent montrer plus de facilités que les garçons dans leur études avec une différence de réussite de près de 10%.
Le retard accumulé dès l’obtention du bac est aussi un facteur d’échec notable.

Qu’est ce qui fait échouer les étudiants ?

Il suffit de coller des TD à 8 heures du matin et plus rien derrière dans l’emploi du temps témoigne un président d’université pour Challenges. Des emplois du temps mal agencés, des étudiants qui sortent des jupons de maman et livrés à eux-mêmes pour la première fois qui ont tendance à se laisser aller à la procrastination, des grands amphi impersonnels et des professeurs qui ne connaissent pas le nom de leurs étudiants… C’est en résumé les freins majeurs à la réussite universitaire.

Le gouvernement veut faire baisser le taux d’échec

Geneviève Fiorasco, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche n’est pas la première à tenter de combattre l’échec à l’université. 730 millions d’euros avait été investis par le gouvernement précédant dans le Plan Réussite en licence. L’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la recherche, de même que le syndicat étudiant UNEF dressent un bilan critique de ce plan Réussite.

Le 27 mai prochain, un projet de loi doit être discuté pour permettre aux universités de baisser leur taux d’échec, prévoyant notamment de rediriger de manière plus systématique les étudiants sortant de Bac Pro vers des BTS ou des DUT. Objectif : ne pas faire chuter les statistiques de l’Etat.

Coralie Pierre
Source : Educpros, mediaetudiant, Challenges