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Les facs chinoises cessent d'être gratos

Les facs chinoises cessent d'être gratos
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Le Conseil des Affaires chinois a parlé : il annonce par communiqué via son agence de presse nationale Xinhua la fin de la gratuité dans le supérieur du pays. La fin d’un mythe, s’il en est

Le nombre d’étudiants chinois concernés ? 5 millions de personnes qui vont devoir revoir leurs ambitions de formation sérieusement à la baisse.

Cette proportion a beau paraître réduite par rapport à l’impressionnante masse démographique du pays, qui serait de 1 350 millions d’habitants selon les plus récents recensements, la nouvelle surprend.

1 000 € pour une Licence

Ces frais de scolarité annuels, calculés entre 8 000 yuans (soit 1 000 €) pour l’équivalent d’une Licence et 10 000 yuans (soit 1 200 €) pour une qualification à niveau Master, seront donc demandés aux étudiants chinois souhaitant s’inscrire en fac à partir de la rentrée 2014.

Rappelons que pour arriver à une telle somme, il faut toucher 6 mois du salaire minimum, qui est fixé là-bas à 1 300 yuans mensuels environ.

Un paradoxe de plus pour ce pays à l’intransigeante charpente politique communiste, dont l’un des objectifs matriciels est pourtant, à en croire Marx, de rendre à la fois l’accès aux soins et à l’éducation complètement gratuits…

Alors qu’elle était utilisée encore hier par la très docile agence de presse d’Etat comme un argument de com’ de premier choix, en publiant notamment un papier en octobre dernier vantant l’ouverture gratuite des bancs du secondaire aux jeunes issus des campagnes chinoises, on fait maintenant machine arrière. Retrouvez cet article ici.

Retournement de veste

Les dirigeants ont beau avoir précisé dans leur communiqué l’ouverture accessoire d’une palette de bourses sociales compensant entre autres les prêts étudiants contractés, ainsi que la levée de subventions appuyant le recrutement d’assistants de recherche et de professeurs stagiaires, on voit mal comment tout ceci pourrait suffire à compenser réellement la nouvelle donne.

Car la tendance s’est clairement durcie depuis cette année 2006 où le ministre chinois de l’éducation lance l’idée de rendre payants certains établissements du supérieur.

Auparavant c’était plutôt l’inverse qui était encouragé, notamment par le biais d’une mesure-phare visant l’exonération des frais de scolarité pour tout étudiant chinois choisissant de s’inscrire dans un programme du supérieur public.

T.C.

Source : Le Figaro