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Langue anglaise : après des années de cursus bilingues, l'allemand revient en force dans les facs outre-Rhin

En France, la question de l’introduction de cursus en anglais a déclenché les plus vifs débats. Chez nos voisins allemands, le cheminement s’est fait assez différemment

Cela se pratique déjà depuis près de vingt ans outre-Rhin : hé bien après un âge d’or, force est de constater que les enseignements en anglais reculent quelque peu en ce moment sur les campus allemands.

L’objectif, bien entendu, était à l’époque de conférer à la formation des étudiants allemands une dimension internationale incontournable. De fait, l’Allemagne a déployé son dispositif sur plus de 600 filières qui sont pour l’essentiel des cursus master.

Si pour l’heure la mission semble accomplie, le pays possédant de très nombreuses établissements supérieurs de premier rang à l’image des 9 facultés technologiques TU9 comme la RWTH ou l’Université de Hanovre, la vapeur tend à se renverser, dernièrement. En effet alors que jusque-là on systématisait les enseignements en langue anglaise dès la première année de licence, désormais on n’hésite plus à attendre la deuxième ou la troisième année de premier cycle avant de le proposer aux étudiants.

Les diplômes bilingues c’est bien, la maîtrise de la langue maternelle, c’est mieux

En jeu, une revalorisation de la maîtrise de l’allemand pour des jeunes germains qui ont quelque peu perdu leurs repères et accessoirement un bon moyen de persuader les potentiels candidats au départ de choisir de travailler dans leur pays, en dernière analyse. Parmi les universités à attraper la tendance au vol, la célèbre fac de Duisbourg-Essen, en première ligne au moment du lancement de cursus bilingues dès 1998 elle semble vouloir actuellement changer son fusil d’épaule.

Enseignant sur place, Axel Hunger qui est également un des artisans de la formation « International Studies in Engeneering » confirme cela à educpros : « [l]orsque nous avons créé nos filières anglaises/allemandes en 1998, il était clair que si nous voulions conserver ces étudiants étrangers dans notre pays, il fallait rendre la langue allemande également obligatoire. Sinon ils nous auraient échappé une fois leur diplôme en poche après avoir profité d’ études d’un très bon niveau et gratuites ! ».

Une piste intéressante pour nos voisins mais qui nécessite chez nous le préalable d’une offre de formations bilingues suffisamment étoffée, histoire de rattraper notre retard, avant de songer à l’emprunter vraiment.

T.C.

Source : educpros