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Tension palpable entre les établissements de gestion et leur corps professoral

La Fondation Nationale pour l’Enseignement de la Gestion des Entreprises (FNEGE) révèle dans un rapport que les établissements d’enseignement supérieur de gestion et leur professeur ne sont plus sur la même longueur d’onde. Jacques Thévenot propose des solutions pour prévenir la crise

Ils ne s’entendent plus. Les établissements qui luttent pour faire face à la crise mettent la pression sur des enseignants-chercheurs surmenés.

Entre problèmes financiers, retrait progressif de leurs autorités de tutelle, concurrence internationale forte et course aux classements coûteuse, les établissements ne donneraient plus les moyens à leur professeur d’exercer leur travail dans de bonnes conditions. C’est en tout cas leurs revendications.

Une mauvaise imitation du modèle américain

Ces enseignants doivent être de plus en plus polyvalents, ils donnent leurs cours bien sûr, mais doivent aussi respecter un quota de publication dans le cadre de leur recherche qui leur semble bien irréaliste vu la nature de leur emploi du temps. D’autant plus qu’ils doivent également être en contact avec les entreprises, gérer les relations publiques… Conséquence logique, les réclamations fusent, le « climat social » se raidit entre les deux partis et mènent droit à démission et autres comportements mercenaires.

Jacques Dévenot pointe du doigt le fait que les écoles de gestion soient souvent prêtes à renoncer à leur ADN français, leurs valeurs ou encore leur mode de pensée pour imiter le modèle d’Harvard, quasi « impossible à généraliser ». En mars dernier, la critique avait déjà été adressée aux ESC (école de commerce) par la même FNEGE. Ce sont les modèles allemands ou québécois qui ont compris qu’un contrat « stable et clair » entre professeur et établissement apaise considérablement le climat.

Les remèdes du docteur Dévenot

C’est par une « réflexion d’ensemble » réunissant la totalité des « parties prenantes » qu’une sortie de crise est possible selon Jacques Dévenot. Surtout, le chercheur persiste et signe, il ne faut pas essayer d’uniformiser les établissements sous un seul et même modèle, mais respecter les rythmes et les singularités de chacun. Comment demander à une petite école de produire des étoiles en grand nombre ? Il vaut mieux différencier les établissements. Il n’existe pas de modèle unique qui convienne à tous.

Dernière piste : soulager le corps professoral en gérant au mieux les conditions de travail et par ricocher, l’efficacité tout en « repensant les composantes de la rémunération ».

Coralie Pierre

Source : L’étudiant

Photo DR @Jérôme Pallé/ONISEP/ESC Clermont