fbpx
Campus
Partager sur

CPGE : cuber n’est pas jouer

CPGE : cuber n’est pas jouer

Nombreux sont les élèves de classe prépa à re-signer pour une 3ème année, souvent davantage pour tenter de rejoindre une meilleure école que par insuffisance de niveau. MCE pèse le pour et le contre

Au terme de deux années de classe préparatoire, qu’elle soit littéraire, économique ou scientifique, et face aux résultats des concours en cas d’insatisfaction on n’a plus qu’une chose en tête: repiquer pour mieux sauter.

Pourtant, est-ce bien sage et surtout utile ? Entre les filières suivies et les différents types de concours visés, impossible de fournir de solution toute prête. En tant que média web, MCE se devait de faire le tour des forums éduc pour recueillir les sons de cloches d’anciens. Car malgré la disparité des situations, il est possible de trouver des éléments de réponse en ligne sur la pertinence de cuber. On a choisi de retenir les avis de profs et de cubards âgés d’une vingtaine d’années.

Une myriade de concours communs

Il existe en effet une foule de concours différents pour les élèves de prépa, selon leur provenance: les concours propres des 5 plus grandes ESC ou bien les banques Ecricome Prepa et BCE pour tenter de rejoindre une des 26 écoles du territoire en ce qui concerne les éco, un des établissements parmi les ENS, les IEP et les ESC attirés par la rigueur des littéraires, sans oublier le concours B-ENC, et pour finir par les prépas S l’une des 150 écoles d’ingénieurs françaises réparties sur les 11 concours disponibles à savoir les concours Centrale-Supélec, Mines-Ponts, les concours communs polytechniques, ceux de la banque PT, de l’école Polytechnique, de la banque Agro-véto mais aussi e3a et enfin G2E.

Pour Patrice Corre, le proviseur d’Henri IV interrogé par Le Figaro, toutes configurations confondues les cas de figure les plus fréquents sont des redoublements de confort pour avoir une école plus sélective ou spécifique, d’après ses dires.

Aldo basé sur Valence, ex-maths Sup/maths Spé ne voit pas forcément le bénéfice pédagogique de se retaper l’intégralité du programme de dernière année: pour lui, les cours sont les mêmes que l’an passé! C’est plus une année d’approfondissement qu’un redoublement.

Peu importe, pour Théotime ancien taupin de maths Sup/maths Spé au lycée Charlemagne et interrogé par L’Etudiant, En maths sup, les enseignants testent notre capacité à aller en spé et nous mettent la pression. Une fois arrivés en maths spé, les profs sont plutôt là pour nous encourager en vu du concours. Si bien que pour lui, fatalement la pression, on se la met soi-même. C’est sans doute la nature profonde d’une troisième et dernière année qui ne fait jamais mystère de ses enjeux.

Cuber sa prépa HEC, une question de palmarès

Adrien, pur produit des classes préparatoires, était en commerce et porte une opinion plutôt élitiste. En effet, il a préféré 1 000 fois retenter sa chance aux concours du Top 5 des ESC post-prépa – c’est-à-dire HEC, l’ESSEC, ESCP Europe, l’EM Lyon et enfin l’EDHEC – que de se résoudre à passer par les admissions parallèles via des banques d’épreuves comme Ecricome. Il estime que quand on vient de prépa et qu’on fait ça, le jury pense qu’on a choisi la facilité. Et puis ces concours parallèles ne sont pas corrects vis-à-vis des gens qui ont travaillé dur en prépa, conclue-t-il.

Autre avis pour Robin, ancien cube en éco interviewé par le journaldesgrandesécoles: Je pense que c’est plus enrichissant : on voit d’autres profs, qui abordent le programme différemment. D’autant qu’à l’entendre on a tendance à être plus focalisé, car on sait que c’est notre dernière chance, et on ne veut pas la gâcher.

Un avantage partagé par Jérôme, également issu d’une prépa HEC. Il a un peu redécouvert la prépa en 3e année : avant, je travaillais toujours sur autre chose pendant les cours : en cube, j’ai commencé à me mettre toujours au premier rang. J’ai énormément approfondi le programme, notamment en complétant mes cours d’Histoire par des lectures complémentaires, nous explique-t-il.

Le commerce était aussi le lot d’Etienne. Ce dernier raconte: j’ai fait ma prépa au lycée du Parc, et je visais les premières écoles du classement, car mes professeurs ne juraient que par elles. Quand les résultats des concours sont tombés, ce que j’avais obtenu ne correspondait pas à mes attentes, et j’ai vraiment pensé à cuber. Il poursuit: Et puis, il y a eu l’été : on fait d’autres choses, on se rappelle qu’il n’y a pas que la prépa dans la vie… On relativise, aussi : le classement est avant tout quelque chose créé pour les élèves de prépa, pour aiguiser la compétition., achève-t-il.

Les khâgneux cubards fonctionnent, eux, au diesel

A propos des CPGE littéraires, Patrice Corre y va encore de son commentaire, en affirmant que ces derniers ont des besoin assez différents des autres préparationnaires. Pour lui, seuls 20% intègrent une école. Si l’élève est sous admissible à l’ENS, cela suffit pour cuber. Les littéraires ont besoin de temps pour enrichir leur lecture et acquérir de la maturité. Leur évolution peut être spectaculaire en cube. Ils finiront soit normaliens, en grandes écoles de journalisme, de commerce ou à l’ENA, estime-t-il.

Vous l’aurez compris, redoubler sa prépa peut-être un choix judicieux comme relevant à la limite du masochisme, bien que le perfectionnement soit de toute façon au coeur de sa logique.

T. C.

Sources : Le Figaro , L’Etudiant , lesmetiers.net , journaldesgrandesecoles.com , prepa-hec.org , forum.prepas.org , scei-concours.fr , siteduzero.com

Clique sur « J’aime » pour t’abonner à la page Facebook MCE