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La lettre ouverte d'une candidate à l'expatriation au président de la république fait du bruit

La lettre ouverte d'une candidate à l'expatriation au président de la république fait du bruit

Une étudiante de 20 ans tout rond, inscrite en Histoire à la Sorbonne, a écrit une lettre ouverte à François Hollande pour lui expliquer pourquoi sa génération n’a qu’une envie, celle de plier bagages

Elle s’appelle Clara G. et n’est pas très contente. Etudiante lambda inscrite dans un cursus public en sciences humaines, domaine souffrant de débouchés professionnels concrets hormis l’enseignement, elle dénonce dans sa missive un certain nombre de conditions défavorables à l’avenir des jeunes et qui sont pourtant l’apanage de notre société.

En rapportant sa lettre, l’éditorialiste au Point Pierre-Antoine Delhommais surfe sur la tendance actuelle d’une crise de confiance en notre pays, doublement empêtré dans la dette et la molle compétitivité, et qu’on serait par conséquent bien avisé de quitter au plus tôt si l’on veut se trouver une place au soleil.

« J’ai la tentation de l’expatriation »

Plus qu’un pavé dans la mare, cette lettre décrit surtout un mal-être qui s’est depuis quelque temps installé dans l’esprit de nos jeunes avec une défiance du politique et de ses obligations financières, qui paraissent toujours trop contraignantes pour raccrocher vraiment les wagons.

Du coup, ce sont les inquiétudes de tout une génération qui remontent par elle, avec son flot d’arguments de bon sens. « Le plus déprimant, c’est de savoir de quoi sera faite ma vie si je reste en France » .. « Mes grands-parents soixante-huitards avaient eu la tentation de la révolution, j’ai la tentation de l’expatriation ».

Injuste fardeau

Décomplexée, elle n’hésite pas non plus à se taxer au passage de « mauvaise citoyenne ». Car ce qu’elle dénonce est, à son avis, proprement révoltant : comment concevoir qu’il « [lui] est impossible de convaincre un banquier d[‘] (… )accorder un prêt pour acheter un appartement à Paris ».

Et d’autres tentations aussi, aux accents assez libéraux : « Je n’ai pas envie de travailler toute ma vie pour payer des impôts dont une bonne partie servira qu’à honorer les 1 900 milliards d’euros de dettes que votre génération nous a aimablement légués en héritage ».

Cette lettre, apostrophant directement le président de la république, sonne comme une bouteille à la mer de plus dans l’océan du marasme économique actuel qui est loin d’épargner les jeunes générations.

T.C.

Source : Le Point