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Nord : 4 éduc’ PJJ haïtiens jugés trop noirs pour rentrer en boîte

A Lille, ce sont 4 étudiants étrangers qui ont fait les frais du racisme ambiant en tentant de rentrer dans plusieurs boîtes de nuit. En vain

Les faits se déroulent mi-mars dans l’agglomération lilloise. 4 étudiants haïtiens inscrits à l’ENPJ de Roubaix sont en passe d’achever leur échange chez nous, en tant qu’éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse.

Il s’agit en l’occurrence de deux policiers, d’un psychologue ainsi que d’un assistant social. Nous sommes à deux pas de la frontière belge et ils viennent se détendre dans la capitale des Flandres en compagnie de plusieurs camarades de promo français.

Quoi de plus normal que d’aller transpirer sur un dancefloor un week-end ? Surtout quand il s’agit du dernier et qu’il faut profiter au maximum du monde de la nuit en France. Pourtant les videurs de quelques clubs de la ville semblaient s’être passé le mot pour gâcher la fête de nos internationaux.

Saturday Night Fever

Première étape au Latina Café, un café dansant populaire de Lille. Refus catégorique du physio, qui semble bien disposé à faire appliquer coûte que coûte des consignes un peu rigides. Il déclare aux étudiants, impassible, que la soirée est réservée aux habitués. Tout en laissant entrer les candidats français, blancs de peau. Venant en renfort, un salarié explique qu’on leur demande de recaler les clients noirs pour peu qu’ils soient en groupe.

On va juste se dire que ça arrive. Peu importe, les jeunes gens poussent la porte d’un second établissement, La Boucherie. La réaction du videur est équivalente, mettant sa décision sur le compte de la tenue vestimentaire des étudiants étrangers. Bizarre : ce soir-là ils avaient bien pensé à sortir pantalons et chemises.

Liberté, Egalité, Fraternité

C’est à ce moment-là qu’un premier haïtien bat en retraite. Autre boîte, même déontologie : lorsque la petite troupe tente d’entrer au Network, ils essuient encore un refoulement en règle. Il commence à être assez tard. Et pas plus de chance lorsqu’ils se dirigent vers L’Entrepôt, où l’appréciation est sans équivoque : l’accès est tout bonnement refusé aux noirs, rapportent les journalistes de Libération.

Outrés, le groupe d’étudiants s’en remet à la Commission de la vie nocturne où sont représentées à la fois les établissements, les forces publiques municipales et enfin préfectorales. En dernier lieu c’est le préfet qui devrait avoir le dernier mot puisque une discrimination manifeste dans l’accès à un établissement constitue une violation de l’article 7 de la Charte de la vie nocturne signée par chacun des propriétaires.

L’image de la légendaire hospitalité française à l’égard de tout ce qui sort de nos frontières ne risque pas de s’éclaircir avec ce genre de faits divers.

T.C.

Source : Libération