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Wish: comment le site de revente a-t-il atteint une telle popularité ?

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Le site de revente Wish tout le monde connait et il bat tous les records de vente. Ses procédés sont pourtant plus que douteux…

Un vieux poster, des décorations kitch, une perruque un peu cheap pour une soirée barrée… Qui n’a jamais acheté une bricole sur Wish ? Mais si, vous savez : cette caverne d’Ali Baba online où l’on trouve tout. Et surtout, n’importe quoi. Mais, attention : à des prix présumés défier absolument toute concurrence. Si bien que selon une étude menée par Médiamétrie en 2018, Wish était la dixième appli de site de commerce en ligne la plus visitée en France. Devant des cadors du genre comme Airbnb. Elle est aujourd’hui valorisée à plusieurs milliards de billets verts. Et son chiffre d’affaire augmente chaque année.

Wish, le temple des soldes

Le succès s’explique sans doute par l’abondance de produits proposés, le plus souvent totalement décalés. C’est que Wish a un côté très provoc’, sentant même bon l’interdit. Puisque distribuant dans le plus grand des calmes des objets liés à la drogue ou au sexe. Ou comment se sentir ultra-badass en seulement quelques clics… Il faut aussi dire que le site sait aussi offrir une vitrine de choix aux articles vendus. Très souvent, le visuel et le prix priment, passant même avant le nom dudit article. Et tous ont presque sont sujets à des promos se voulant des plus alléchantes. Mettant à l’amende d’autres sites concurrents comme Ali Express ou Ebay.

Certains articles sont même à un euros, voire gratis ! Alors, le client n’aura plus qu’à payer les frais de port. En réalité, il est même drôlement compliqué de trouver sur Wish des articles qui ne sont pas soldés… Ou dispensés de la vignette « quantité limitée ». Source de bien des fièvres acheteuses. Bizarre, mais nous y reviendrons.

Wish, roi de la pub

Autre facteur de cette insolente santé économique : la publicité. Wish ne lésine pas sur les moyens, et il est peu aisé de naviguer sur Facebook ou Instagram sans voir un encart du site apparaître. Selon nos confrères de Korii (verticale de Slate), l’entreprise aurait investi plus de 100 millions de dollars en budget pub dans le réseau social de Mark Zuckerberg. Outch ! Sans compter la publicité qu’offre (gracieusement ?) les influenceurs sur différentes plateformes comme YouTube. Aussi, certains vidéastes ont fait des « haul » et « unboxing » d’objets Wish leur spécialité. Des vidéos qui collectent quelques centaines de milliers de clics en hexagone. Voire même des millions outre-Atlantique.

Toujours pour mieux séduire les millennials, cible au fort pouvoir d’achat, Wish s’est offert les services du gratin sportif. Dans leurs spots, on peut ainsi y voir Pogba, Bale, Buffon ou encore Neymar. Avec de pareilles têtes d’affiche, on ose à peine imaginer l’addition… Mais pas de problème pour Wish, qui sait comment rentrer dans ses frais.

Il faut dire que leurs réductions, souvent trop belles, sont plus que douteuses. Et nous ne pouvons qu’encourager les internautes à faire de longues comparaisons avant de remplir leur panier ! C’est que la plupart des produits proposés sont aussi vendus sur d’autres plateformes (comme la Fnac) à des prix encore bien inférieurs. À se demander d’où proviennent les prix mirobolants et barrés. Les vendeurs, eux, ne sont pas dupes. Le site prévient donc d’emblée dans ses petites lignes : « Wish ne peut garantir ou assurer que le vendeur offre ou vend l’article au prix barré ». Voilà qui nous met drôlement en confiance dis donc…

Wish et ses offres pas très nettes…

C’est qu’au final, les arnaques font légion. Et ont, paradoxalement, mis tous les projecteurs sur Wish. La spécialité du site ? Des offres franchement pas claires, où l’on pense par exemple trouver le dernier smartphone à la pomme à une centaine d’euros. C’est du moins ce que confortent les photos de l’annonce, mettant bien en avant le produit allumé et en action. Puis, au détour d’un clic innocent cliquant sur la bannière, on comprend alors que l’objet vendu est factice. Voire même qu’il s’agit d’un sticker… Ne riez pas, nombre de Youtubeurs se sont déjà faits avoir ! C’est que ces offres flirtent habillement avec la définition juridique des pratiques commerciales trompeuses.

Enfin, impossible pour nous de conclure sans vous rappeler que certains objets peuvent être dangereux. Car ne répondant pas aux normes européennes. L’été dernier, tout un lot de bijoux toxiques a été pointé du doigt, car source d’un fort taux de plomb et de cadmium. Conclusion : oui, vous pouvez acheter sur Wish, surtout si vous rêvez toutes les nuits de ce portrait de Scarlett Johansson à deux euros au lieu de 190 (soi-disant). Mais prenez le temps de comparer les prix afin de ne pas vous faire plumer. Et d’être sûr que l’objet n’explosera pas au contact de vos petites mimines. Sait-on jamais.

Mélissa Chevreuil