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#Noisiel, blackface, Slip Français… : Quand Twitter fait polémique ! [DOSSIER]

De #Noisiel au blackface au Slip Français les dérives racistes, homophobie et culture du viol sur Twitter grande

Twitter est un réseau social qui fait beaucoup polémique. Pour ses utilisateurs, la plateforme peut parfois devenir un lieu toxique...

Twitter a permis la libération de beaucoup de mouvements. Qu’ils soient féministes avec #MeToo, ou anti-racistes avec #BlackLivesMatter. Mais c’est aussi une porte ouverte aux comportements toxiques.

Depuis sa création, Twitter a cultivé son ADN de réseau social réactif. Sorte de fil d’actualité à retardement, il fédère de nombreuses communautés. À chaque polémique, son hashtag. C’est aussi le lieu préféré des trolls et des harceleurs…

Il n’y a qu’à voir les vives réactions que certains tweets suscitent. Parfois, certains dépassent les limites. Un blackface assumé, une sextape détournée, une vidéo qui participe à la culture du viol… MCE revient sur les derniers scandales sur Twitter.

Blackface : quand imiter des Noirs n’est “pas raciste”

Depuis qu’Antoine Griezmann s’est déguisé en basketteur noir, le corps entièrement peint, le blackface (se maquiller pour ressembler à un noir) fait polémique. Aujourd’hui, ça ne passe plus. Le Slip Français Gate de ce début d’année le prouve bien. Tout commence le soir du Réveillon. Sur Twitter circule alors une vidéo qui montre deux femmes blanches au visage noirci, et un homme déguisé en singe. Les trois individus se déhanchent sur Saga Africa, en parlant aussi avec un accent à couper au couteau. En quelques heures, la vidéo fait plus de 2 millions de vues. Rapidement, on découvre que ce sont trois employés du Slip Français, une marque de sous-vêtements. Un véritable bad buzz pour l’enseigne.

Pour tenter de se donner bonne conscience, l’une des deux femmes a alors tenté de se défendre. Au début de la vidéo, on l’entend ainsi dire : “C’est une évidence, mais il n’y a aucun propos raciste”. Elle conclut par un “VIVA AFRICA !”… Sur Twitter, c’est un tollé ! Des internautes ont même appelé au boycott de la marque. Pour se racheter une conscience, le Slip Français a sanctionné les auteurs de la « blague ». Mais pour certains, la sanction (une mise à pied) n’est pas du tout à la hauteur. Rappelons que le blackface est né d’une pratique théâtrale raciste qui consistait à se moquer des Noirs.

#Noisiel : Twitter est homophobe ? La faute à la banlieue

On dirait que l’homophobie aussi a de beaux jours sur Twitter. On l’a vu avec la polémique autour du hashtag #Noisiel. Rappelez-vous : fin novembre, une sextape entre deux hommes avait tourné en boucle. Si ces derniers étaient consentants, la vidéo a été diffusée à leur insu. L’un d’eux a rapidement été identifié par des habitants de Noisiel. Il a aussitôt été victime d’un lynchage. Il a aussi reçu des menaces de mort. En “Top Tweet”, le hashtag #Noisiel a ouvert la porte à une homophobie latente. Et les réactions ont relancé le débat de l’homophobie ordinaire de banlieue.

Pendant 3 jours, elle tournait en boucle, malgré sa suppression. Les tweets haineux ne s’arrêtaient pas. Un calvaire pour les deux jeunes hommes. L’un d’entre eux s’est même réfugié dans son pays d’origine, de peur qu’on s’en prenne à lui. La plupart du temps, il s’agissait de mèmes et ou de punchlines. Souvent, les insultes venaient de cités voisines, qui assimilaient alors tous « les mecs de Noisiel » à des gays. Pour certaines associations LGBT, comme Urgence Homophobie, Twitter n’a pas tenu son rôle de modérateur. « Twitter est le réseau social le plus dangereux et le plus mal géré. Là où il y a le moins de modération. Pour nous un c’est un moyen de propagation de haine énorme.

#J’aiÉtéViolé #J’aiÉtéUnVioleur : comment passer de bourreau à victime ?

La sextape du couple de Noisiel n’est pas la première ni la dernière vidéo destructrice sur la plateforme. En décembre dernier, une jeune femme a ainsi été la cible de deux ados qui l’ont violée dans une cage d’escalier. Son traumatisme ne s’est pas arrêté là. La scène a aussi été filmée et diffusée sur Twitter et Snapchat. Encore une fois, la vidéo a été signalée, puis supprimée. Mais sitôt supprimée, elle est réapparue sur d’autres comptes… À ce jour, les deux ados de 16 ans ont été mis en examen pour viol en réunion. Ils encourent alors une peine de prison pour avoir diffusé la vidéo en ligne.

En réponse à cette vidéo atroce, un hashtag est donc né : #J’aiÉtéViolé. Peu après, le hashtag #J’aiÉtéUnVioleur a suivi. Il a d’abord été utilisé par le YouTubeur Demos Kratos. Ce dernier tenait alors à faire son mea culpa. Dans une vidéo, il explique que, plus jeune, il aurait forcé son ex à avoir des rapports sexuels. Mais très vite, ce hashtag indigne. À juste titre, car il met à mal les témoignages des victimes. Pire, le hashtag #J’aiÉtéUnVioleur fait passer les bourreaux pour des victimes. Peut-on alors en vouloir à Demos Kratos ? Après tout, ses intentions étaient de briser le tabou autour de la culture du viol…

Twitter : le réseau social “le plus mal géré” ?

Twitter est souvent accusé de ne pas réagir à temps. À tel point qu’en 2018, Amnesty International a lancé sa propre “patrouille anti-trolls”. Même pour Jack Dorsey, le patron de Twitter, cette lutte contre le cyberharcèlement est “un énorme échec”. Dans une interview postée en direct live en 2019, il a dit : “Nous avons fait porter le fardeau aux victimes d’abus”. Mais le problème vient-il vraiment de la plateforme ? Rien n’est moins sûr.

En réalité, les harceleurs n’y sont pas moins actifs sur les autres réseaux sociaux. Plus de 80% des cas de cyberharcèlement ont lieu sur Facebook, comme l’indique une enquête de 20 Minutes et Opinion Way. Sur Snapchat, ils sont alors 8% à connaître un sort similaire. Moins touché, Instagram a fait beaucoup d’efforts pour lutter contre le harcèlement. Mais cela ne signifie pas pour autant que le réseau est clean…