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Tinder, Happn, Meetic: pourquoi les applications de rencontre n’ont plus aucun charme ?

Les adeptes d’applications et sites de rencontre comme Happn ou Tinder orchestrent désormais leur(s) date(s) au millimètre près !

Draguer ce beau mec torse nu avec qui on a matché sur Tinder durant la pause-déjeuner. Chatter avec cette jolie blonde croisée dans un bar et retrouvée sur Happn après une longue journée de travail. Ou encore vérifier ses messages sur AdopteUnMec avant d’aller se coucher. C’est un fait : les plateformes de rencontre font désormais intrinsèquement partie de notre quotidien. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. D’après un sondage pour Le Parisien Magazine et publié en 2016, près d’un Français sur cinq aurait déjà tenté sa chance sur une application de rencontre. Forçant dès lors le destin… voire un peu trop ?

Avant toute chose, mettons les points sur les « i ». Loin de nous l’idée de juger les amateurs des sites et applications de dating comme Tinder ou Happn. Mais au gré des années, l’approche des utilisateurs n’a cessé de perdre en spontanéité. Si bien que trouver l’amour de sa vie (ou d’une nuit, nous ne jugeons guère) s’apparente désormais à faire ses courses. Somme toute, le fait n’est pas si neuf. « Les plateformes de rencontre ont toujours été un supermarché, déjà à l’époque du minitel » nous explique Eric Delcroix, spécialiste des réseaux et médias sociaux. Mais la tendance s’est accélérée tous azimuts avec certains sites comme AdopteUnMec.

AdopteUnMec, instigateur des supermarchés de l’amour

Faut-il vraiment vous rappeler le concept ? Allez, soyons fous. Les utilisatrices peuvent choisir à leur guise leur « prince charmant » parmi un large panel d’hommes enregistrés. D’où le slogan « Hommes-objets à câliner ». Ici, les mâles ne sont que des produits – choses qu’ils assument et revendiquent a priori. Mais là où le site a su faire la différence se situe plus précisément dans sa proposition de filtres, absolument vertigineuse.

Des origines du don juan recherché à la forme de sa silhouette jusqu’à la couleur des yeux… ici, Eve conçoit son Adam à l’image qu’elle se fait de l’homme idéal. Et, à en croire notre spécialiste, le phénomène n’est pas prêt d’être inversé. « Il y a une réelle dichotomie entre ce que les gens demandent et ce qu’ils ont à la fin. Ils ont beau faire des recherches toujours plus précises, le modèle qu’on leur proposera ne correspondra jamais totalement. » D’où la sempiternelle insatiabilité des utilisateurs, qui cherchent inlassablement à s’approcher de la perfection.

Badoo, un peu malsain ?

Pour mieux répondre à cette demande, Badoo a poussé le bouchon très, très loin. Depuis juillet 2017, la plateforme propose à ses usagers une fonctionnalité détonante dénommée « Lookalikes». Le but ? Retrouver le sosie de son crush, son ex, ou mieux encore, l’acteur sur lequel on fantasme depuis toujours. Pour ce faire, rien de plus simple. L’utilisateur n’a qu’à rentrer la photo dudit crush et un savant algorithme se chargera du reste. Petit détail, le système de reconnaissance se focalise prioritairement sur les traits du visage. Vous trouvez donc plus facilement des sosies « de gueule » que des sosies « de corps » (ce qui n’est déjà pas si mal). Votre fidèle serviteur a d’ailleurs essayé avec ses propres photos ( !) et reconnaît un résultat assez convaincant. Une offre qui a bien un petit quelque chose de malsain. Forcer le destin est une chose. Chercher un autre chez quelqu’un est une autre…

Tinder, Happn et Once aussi favorisent la sélection

Toutefois, il reste encore quelques plateformes qui misent encore sur les aléas de la vie.

On citera celles fonctionnant avec la géocalisation comme Tinder. Ou Happn, qui propose carrément de retrouver les personnes croisées au cours de la journée. Once a placé le curseur encore plus haut, en proposant à ses utilisateurs un seul et unique profil par jour. Que dire de Jigtalk, paroxysme ludique du hasard, qui cache entièrement la photo des utilisateurs. Pour découvrir le visage de son interlocuteur, une seule solution possible : discuter, sans relâche. Plus on envoie de messages, plus le faciès de l’interlocuteur se dévoile, à l’instar d’un puzzle construit à l’envers.

Bref, des applications qui parient davantage sur l’originalité et la « qualité » que la « quantité »… en apparence du moins. Car au fond, qu’importe le support. L’utilisateur en mal d’amour trie toujours et triera selon ses propres critères. Aussi faméliques soient les possibilités. « Exactement comme dans la vraie vie! s’exclame Eric Delcroix. C’est exactement la même chose. Il y aura toujours une sélection. » Certes, mais on a connu sélection plus naturelle, vous en conviendriez.

Mélissa Chevreuil