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Lifestyle et Mode: pourquoi on ne supporte plus les « Fuccboi » !

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M'as-tu-vu et donc présumés prétentieux, les fuccboi et leur style bling-bling désespèrent la fashion sphère. Mais pourquoi tant de haine ?

Que vous habitiez à Paris, Lyon, Lille ou encore Bordeaux vous n’avez pas pu les louper. Large hoodie estampillé Supreme (alors qu’ils n’ont jamais touché une planche de skate de leur petite vie). Yeezy 350 aux pieds. T-shirt bape motif requin tape à l’œil. Voilà, en quelques items forts, la parfaite panoplie du « fuccboi » (ou « fuck boy »). À noter que si son pendant féminin est plus rare à l’oral, le propos « fuccgirl » existe bien. Une tendance onéreuse bien particulière qui lasse et blase la plupart des modeux eux-mêmes. MCE décortique ce mouvement qui ne fait pas que des heureux.

Fuccboi, késako ?

Mais tout d’abord, qu’est-ce que d’un fuccboi ? Initialement, et à en consulter les forums 18-25 de Jeuxvideo.com, le mot n’a rien de bien flatteur. Le « fucc », comme le mot angais « fuck », suggère une personne égocentrique qui se contente de coups d’un soir. Mais comme souvent, l’aspect vestimentaire a pris le dessus pour effacer la définition plus sentimentale.

Quand on parle du fuccboi côté vestiaire, on suggère l’opposé même du style « normcore ». Soit ce retour aux basiques et à la sobriété. Narcissique et sûr de lui, le fuccboi n’aime pas passer inaperçu. Et étale donc son pouvoir à grand renfort de marques luxueuses et logos XXL empilés les uns sur les autres.

La légende dit que c’est la griffe urbaine Hood by Air qui a popularisé le terme. Lors de sa collection automne-hiver 2014, la maison présenter ses nouvelles créations via un clip nommé « Fuccboi ». Elle est ainsi naturellement devenant l’une des figure de prou du style, mais n’est pas la seule marque à leader ce marché.

Fuccboi, un public prisé par Kanye West

En effet, nombre de créateurs ont flairé le bon filon. Des marques comme Alexander Wang. Off White. Ou encore Fenty x Puma (la collaboration chapeautée par Rihanna) se sont récemment focalisées sur cette cible au fort pouvoir d’achat. Mais l’un des plus grands acteurs du secteur reste sans contestation possible l’ami Kanye West.

Avec sa marque Yeezy, il est même devenu l’un des fleurons du genre. Le rappeur et styliste conforte la place de l’oversize dans les dressings. Les vêtements troués, déchirés jusqu’à la limite du convenable. Ainsi que l’adoption de combinaisons audacieuses comme un short au-dessus d’un pantalon. Car c’est bien connu : le fuccboi adore porter un maximum de pièces sur lui en un même temps record. Par frilosité ou pour en montrer encore et toujours plus ? On leur laisse le bénéfice du doute.

Fuccboi, un style trop bling-bling

Mais comme toutes les modes, le style fuccboi exaspère. Un simple saut sur les internets, commentaires YouTube et autres forums suffit à mieux se rendre compte de l’ampleur de la haine. Les fashionistas elles-mêmes clouent au pilori le mouvement, c’est dire. Mais peut-on bien leur reprocher ? Sans doute l’exubérance de marques coûteuses qui fait pourtant l’ADN de la patte fuccboi. Vérifiez-donc.

Un sweat à capuche Supreme « boxlogo » avoisine aisément les 600 euros. Dans le commerce, les Yeezy coûtent 200 euros environ mais le prix triple sans problème à la revente. Même chose pour les paires issues de la collaboration Nike et Off White. Or, en France, parler d’argent et exhiber sa richesse est tabou, d’aucuns le savent. D’autant plus au regard de l’actualité, où nombre de Français peinent à finir le mois sans être à découvert. Les gilets jaunes, ça vous dit vaguement quelque chose ? Autrement dit, une paire de Balenciaga triple S serait aussi mal vue qu’une montre Rolex en son temps.

Fuccboi, ou l’art du mauvais goût ?

D’autres pointent du doigt le style lui-même, au-delà du prix inscrit sur les étiquettes de chaque item. Il faut l’avouer, le design des objets est souvent… particulier. Les vêtements Bape, par exemple, ont souvent un design très enfantin. Où les imprimés camouflages peu subtils et les têtes de requins règnent. Idem pour les Yeezy Boost 350, semblables à des chaussons – et que dire quand elles sont zébrées voire jaune fluo ! Pas sûr que la magie opère durant un date.

Alors attention, ne nous faites pas dire ce que l’on a pas même osé penser. Chacun s’habille comme il l’entend. Mais c’est peut-être la principale critique adressée aux fuccboi justement. Ces derniers ne s’habilleraient pas vraiment comme ils le souhaitent ou l’aiment. Mais juste comme la mode et les nouveautés le dictent. Effet de panurgisme oblige. Et quitte à en délaisser leur propre personnalité. Mais au fond… n’est ce pas là, à minima, le mal de toutes les victimes de la mode ?

Mélissa Chevreuil