fbpx
Découvertes
Partager sur

Lifestyle: et si on arrêtait enfin de cracher sur la Stan Smith ?

Partager sur Facebook

Adulée puis détestée suite à son retour en production en 2013, la Stan Smith semble aujourd’hui la cible privilégiée des haters.

Souvenez-vous. En 2013, rayon sneakers, un seul item attire toute l’attention. Une paire simple, classique même. Portée par les jeunes et les moins jeunes, vos (grands-)parents ainsi que vos frères et sœurs cadets ont jeté leur dévolu dessus. L’auteure de ces lignes aussi fait partie des « victimes. » Enfin, vous-même n’êtes pas passé en travers de la hype. Eh oui, avouez-le, comme tous les autres, vous avez lâché un petit billet pour des Stan Smith. La paire initialement lancée par Adidas en 1964 a fait peau neuve, un peu trop sans doute. Sa popularité l’a dépassé. Pour ne pas dire entaché – à vie ?

C’est que suite à cette renaissance, les détracteurs y sont tous allés de leur petit commentaire. Et allez, qu’on dézingue la tennis blanche. Nos confrères de Slate titraient même « Faut-il interdire la Stan Smith » ? Comme si craquer pour l’objet était l’ultime Bérézina… Mais c’est assez ! La magie des fêtes oblige votre fidèle serviteur à défendre cette cause qu’elle juge tout sauf perdue. Et vous explique pourquoi vous pouvez totalement arborer votre plus belle paire de Stan sans complexe en 2019, n’en déplaise aux belligérants.

Stan Smith, la paire qui uniformisait les foules

Si la Stan Smith a réussi pareil comeback, c’est pour bien des raisons. Marketing d’abord, et même forcément. Lorsqu’en 2011, la griffe à trois bandes cesse la production de la basket mythique, elle sait parfaitement ce qu’elle fait. Et espère marcher sur les plates bandes de Nike et ses nombreuses paires limitées (les Jordan, entre autres). Quand la tennis blanche revient sur le marché, le succès suit alors quasi instantanément, tant la demande était forte.

Il faut dire que contrairement à ladite Jordan citée plus tôt, l’item se veut sans fioriture. Le bout, rond, sied à la plupart des silhouettes. Si le modèle est aujourd’hui décliné à l’infini ou presque (il en existe même aux imprimés python), le basique se veut d’une simplicité criante. Corps et lacets blancs, extrémité verte, rouge ou navy. Avec elles, impossible de se torturer l’esprit, ne sachant comment l’accorder.

C’est sans doute pour cela que toutes les classes sociales, qu’elles soient habituées au streetwear ou aux podiums se sont ruées vers elles. Et c’est peut-être hélas pour la même raison que la Stan Smith a lassé. En soirée, en open-space ou même en festival : toutes les gambettes paradent avec la même paire. À force d’unir les foules, elle les a uniformisé. On parlera alors d’effet de panurgisme. Où est la personnalité, la singularité de ses propriétaires ? Difficile de se distinguer avec le porte-étendard ultime du capitalisme contemporain, diront certains. Et on ne saurait leur donner tort. Mais fait fort amusant : c’est aujourd’hui, plus que jamais, la nouvelle fonction possible de la Stan Smith. Se démarquer.

Stan Smith : l’anti-Yeezy ?

Souvenez-vous, sur MCE, il n’y a pas si longtemps, on vous parlait des fuccboi. Soit ces férus de mode outrancière, désireux de montrer l’importance de leur porte-monnaie à travers leurs fringues onéreuses et bling-bling. Parangon de cette tendance, la Yeezy de môssieur Kanye West. Limitée, coûteuse, et esthétiquement très… discutable. La paire, qu’importe son modèle (la 500, la 700, etc) coche toutes les cases de la discorde. La Stan Smith se veut alors être une parfaite antithèse. Un retour aux choses simples, essentielles. Au style « normcore », un peu comme une bonne vieille paire de Converse ou de Vans.

Déjà, parce qu’encore une fois, elle se veut infiniment plus modeste, et donc intemporelle. De quoi auront l’air les Yeezy boost 350 dans dix ans ? Ou même dans juste deux ou trois années ? Que dire des excentriques zébrées, des douteuses jaunes fluos ? Of course, il en faut pour tous les goûts ! Mais la hype retombera forcément un jour ou l’autre – c’est déjà un peu le cas, au profit des Nike x Off White chapeautées par Virgil Abloh.

Stan Smith, une paire qui vieillit comme du bon vin

La Stan Smith, elle, vieillit comme du bon vin. À mille lieues des Triple S de chez Balenciaga et autres productions mastodontes, elle ne prendra pas une ride. Car la paire de chez Adidas ne représente pas une tendance ou aussi une époque précise, elle transcende tout cela. Elle n’a été que le tout petit reflet d’un retour de hype. Pas une hype elle-même. Alors attention n’allez pas croire qu’on se prosterne devant la Stan Smith tous les matins.

La paire ne manque pas de défaut, à commencer par son manque de confort. Un peu osé, quand on sait qu’elle est aussi vendue entre 80 et 100 euros. Les ampoules seront au rendez-vous tant que le cuir ne sera pas détendu… Et pourtant, reste que son apparence se veut emblématique. Preuve en est, toutes les marques ont leur « Stan Smith ». Des sportwear Fila et Coq Sportif aux maisons de luxe comme Saint Laurent ou Gucci. Une paire qu’on peut enfiler en toute tranquillité, voire même avec une certaine fierté qu’on vous disait !

Mélissa Chevreuil