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Booba supprimé : que penser de la censure d’Instagram ? [DOSSIER]

Booba supprimé, tétons floutés, art censuré que penser de la politique d'utilisation d'Instagram ? [DOSSIER]

Booba viré, des tétons floutés et de l'art censuré... Instagram joue les justicers. Pourtant, sa politique d'utilisation est assez discutable.

Booba, persona non grata sur Instagram ? Tout ça, à cause d’une « histoire de fesses », comme l’a dit l’artiste quelques heures avant son départ. Quoi qu’ait fait Booba, méritait-il vraiment cela ? Après tout, la politique du réseau social est plus que discutable. Entre tétons flouté, art censuré et passe-droits pour certains, la plateforme ne joue pas franc jeu. MCE TV vous dit tout.

Booba a été éjecté d’Instagram un peu plus tôt cette semaine. Une triste nouvelle pour les fans de Booba qui aimaient ses punchlines et son franc parlé. La raison ? Une paire de fesses qui se baladait dans l’une des stories du Duc de Boulogne. Pourtant, Instagram nous expose à bien pire que cela.

Puis, avouons-le : IG a la gâchette sensible sur la  censure. On sait que la plateforme de partage de photos n’aime pas trop les tétons de femmes, la nudité même artistique et parfois même les obèses et les femmes enceintes. À côté, certaines personnes semblent totalement à l’abri de cette dictature.

Booba supprimé: l’histoire de fesses de trop ?

Les standards d’Instagram sont assez durs à suivre. Il faut dire que la plateforme se montre contradictoire. On voit bien que certaines mesures, qui partent parfois d’une bonne intention, ont tendance à museler la communauté. Ainsi, les LGBT+ ou les personnes en surpoids deviennent invisibles. Par contre, un torse d’homme nu n’est pas tabou, là où la poitrine d’une femme pose problème. En revanche, les postérieurs – féminins ou masculins – se noient dans le feed, entre deux photos de cupcakes. Alors, pourquoi censurer Booba pour un gros plan des fesses de Fianso en story ?

Dans le cas de Booba, il a publié une sextape de Fianso à l’insu du principal concerné. Même si  ce n’était qu’un court extrait. Pourtant, Booba a une communauté qui le soutient derrière lui. Il est donc possible qu’Instagram se montre clément et lui offre un passe-droit pour revenir. Mais ça n’est pas impossible. Après tout, Rihanna était revenue, malgré le scandale autour de sa photo pour Lui. En 2014, Riri posait en première de couv, seins nus. Fière de son shooting, elle l’avait alors postée sur sa page. Tout comme Booba, elle a donc été strikée. Toutefois, la pudeur d’Insta a ses limites. La preuve, Cardi B continue de filmer des gros plans de fesses en story, et on ne lui dit rien.

 

Instagram bannit Booba: réseau puritain teinté d’hypocrisie

Au nom d’une certaine bienséance à l’américaine, Instagram instaure des normes et des règles qui ont de quoi nous dérouter. En effet, le rapport d’Instagram au corps et à la nudité est à l’image de la mentalité américaine : tantôt prude, tantôt trash. Un aspect qui peut parfois nous choquer, nous, Français. En effet, il y a quelques décennies, montrer ses seins à la télé française n’était pas un problème. Aujourd’hui, le réseau social américain joue à la police des bonnes mœurs à l’échelle mondiale. On dirait presque une manière de garder un contrôle sur le corps féminin.

À l’inverse, on note aussi que la plateforme offre des « passe-droits » aux plus influents. En effet, certaines it girls peuvent exposer leur nudité, sans risquer d’être strikées par la plateforme. Il n’y a qu’à voir les photos topless des Kardashian, pourtant suivies par des ados de 12-15 ans. À côté, Insta s’offusque dès qu’une personnalité moins connue a l’audace de montrer un bout de ventre ou de téton. La chanteuse Grimes, moins suivie qu’une Kylie Jenner, a donc vu l’une de ses photos de grossesse en tenue d’Ève censurée. Une fois de plus, c’est deux poids deux mesures.

Cachez-moi ce téton que je ne saurais voir !

Instagram impose une vraie dictature du « no nipple ». La plateforme a tendance à masquer les œuvres d’arts antiques et les dessins un peu trop explicites à son goût. D’ailleurs, cette censure touche surtout les poitrines féminines. Les hommes peuvent donc librement s’exposer torse nu. Face à cette dictature du sein, un compte est né : « taboob ». Ce compte Instagram belge met en scène les tétons dans des situations insolites, de manière à contourner la censure. Ainsi, on pourra voir des boobs compressés par des tranches de pain, tartinés de chocolat ou parsemés de paillettes.

Cette démarche pousse les limites de l’algorithme du réseau social, qui étudie chaque photo et décide de les retirer ou non. Avec des initiatives comme Taboob, on a affaire à une véritable « enquête sur la définition d’Instagram de la poitrine féminine ». Car après tout, la poitrine n’est sexualisée que dans notre société actuelle. On le voit avec les œuvres antiques, librement nues. En Égypte ancienne, la mode était aussi aux robes fourreaux qui laissaient pendre les seins. Comme quoi, ce rapport au corps de la femme est un mal de notre siècle.

 

Quand Instagram censure la nudité sous toutes ses formes

Sur Instagram, on a affaire à une dictature du corps. Malgré la naissance de mouvements comme le #BodyPositive, les « gros » ne sont pas les bienvenus sur la plateforme. Elle détecte et dissimule les photos qui affichent « trop de peau ». Cela au grand dam des modèles grande taille ou de celles et ceux qui souhaitent faire passer un message d’émancipation. Entre suppression de posts ou même de hashtags (ex : #grosse) et diminution de leur visibilité, les personnes en surpoids sont des victimes collatérales de la politique de la plateforme.

Sur Instagram, vous trouverez difficilement des images de la Marianne les seins à l’air. Le réseau social ne fait pas la part des choses entre pornographie et nu artistique ou engagé. Certains artistes indie qui tentent de se faire connaître sur Instagram en paient aussi le prix. Ils doivent donc redoubler d’imagination pour contourner la politique d’Insta. Le compte Regards Coupables a donc pris le parti de gommer les zones interdites pour poster ses œuvres en toute quiétude. Cette chasse au nu n’est pas sans nous rappeler celle de l’Unesco. En 2019, l’organisation avait paré des statues de strings pour cacher leur nudité pendant les journées du patrimoine !