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Sex Education, Pub Nana, Je m’en bats le clito… Comment les jeunes parlent de sexe en 2020 ? [DOSSIER]

Sex Education, Pub Nana, Je m’en bats le clito... Comment les jeunes parlent de sexe en 2020
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Sex Education sur Netflix, “je m’en bats le clito” sur Instagram, des vulves à la télévision… Le sexe est-il encore tabou chez les jeunes ?

La Sex Education : pour les 15-25 ans, ça n’est pas évident. Entre méconnaissance des IST, mystères autour du clitoris et protections périodiques teintées de bleu, pas  si facile de déconstruire certains schémas. Comment les jeunes parlent de sexe en 2020 ? Décryptage de MCE TV.

On dit que les jeunes ne pensent qu’à ça. Pourtant, la parole autour du sexe est loin d’être libérée. Entre peur du jugement, manque d’acceptation de soi ou harcèlement sexuel, les jeunes sont encore tendus à l’idée de parler de leur sexualité.

Pour ne rien arranger, à l’école, l’éducation sexuelle passe à la trappe. Selon une étude du chatbot Jam, 14% des jeunes hommes avouent même avoir recours au porno pour s’informer sur la sexualité. Qu’on se le dise, ça n’est pas vraiment la meilleure école.

Sex Education, la série qui ose parler de sexe sans tabou

Pas si facile de parler de sexe sans complexe quand on a 16 ans ! Netflix l’a même très bien compris, avec Sex Education, sortie en 2019. Cette série british aborde avec humour, fraîcheur et légèreté la question de la sexualité chez les lycéens. En voici donc un avant-goût : Otis est un ado de 16 ans, puceau, et dont la mère est sexothérapeute. Il décide alors de se lancer dans un business un peu particulier : un cabinet clandestin de thérapie sexuelle. L’intrigue est donc assez simplette, mais elle permet de parler sans détour d’un sujet pas si facile à aborder.

Sex Education, qui prépare déjà sa troisième saison, connaît un grand succès. Il faut dire qu’elle évoque des sujets risqués, comme le vaginisme, la masturbation féminine, l’asexualité ou encore le fait d’être trans. On a aussi une scène d’agression sexuelle dans les transports, qui fait mûrement réfléchir. Autre thème abordé : les IST. Dans la saison 2, il est donc question d’une épidémie de chlamydia. Cette infection sexuellement transmissible est très courante.

Pourtant, on ne parle pas forcément de ces choses entre amis, en famille ou au lycée. Pour briser le tabou, Netflix a aussi imaginé un manuel pour donner à ses fans une vie sexuelle la plus épanouie :

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“Vive la vulve !” : la dernière pub choc de Nana

Cachez-moi cette vulve que je ne saurais voir ! Nana a fait fort. En novembre dernier, la marque de protections menstruelles a elle aussi voulu débunker l’image du sexe féminin à la télé. En témoigne son spot publicitaire très osé. Une pêche, un coquillage et même un cupcake, Nana ne manque pas d’imagination pour évoquer la vulve. On y voit même une serviette tachetée… de sang ! C’est donc une grande première, pour une pub parlant des règles. Peut-on donc dire adieu au fameux liquide bleu qu’on nous assène depuis des années ? Après tout, le sang des règles est rouge. En tout cas, cette publicité n’est pas passée inaperçue sur les réseaux sociaux.

Si beaucoup ont trouvé l’idée “géniale”, elle a aussi eu son lot de détracteurs. Sur Twitter, une abonnée s’est même insurgée : “Il y a les femmes castratrices, et puis celles qui cherchent à écœurer les mecs définitivement”. Une pétition a même été lancée pour demander le retrait de cette pub sur nos écrans. Ils jugent celle-ci “dégradante” pour la femme et accusent la marque de vouloir “vendre à tout prix”. N’en déplaisent à ceux qui s’offusquent, la réponse du CSA est claire :les images en cause, si elles ont pu surprendre, sont directement en lien avec les produits promus et ne peuvent être considérées comme véhiculant une image dégradante de la femme”.

“Je m’en bats le clito” : Quand Instagram libère la parole des femmes

Tout le monde sait dessiner un pénis. Mais qui sait en faire de même pour le clitoris ? Camille Aumont Carnel en a ras-le-bol ! Novembre 2019, elle lance donc une page Instagram : “je m’en bats le clito”. Elle parle sans chichis de la sexualité des femmes ou même des inconforts intimes comme “avoir la teuch qui gratte”. Il y a autre chose que Camille Aumont Carnel ne veut plus entendre en 2020 : Le mythe de l’orgasme vaginal. Dans une vidéo de Brut, elle explique qu’il n’existe qu’un seul orgasme féminin, le clitoridien. Elle décrit donc avec brio ce qu’on appelle orgasme « vaginal » : il sollicite en fait la partie interne du clitoris, celle située à l’intérieur du vagin.

Ce n’est pas la première fois qu’Instagram sert de manuel de la sexualité féminine. En août 2018 on avait vu naître la page « T’as joui ». Dessus, on y trouve des témoignages de femmes mais aussi les pires punchlines d’hommes qui osent parler de plaisir sexuel. Et quand on voit certaines perles, on se dit qu’il y a encore du boulot ! Là encore, pour sa créatrice, tout est parti d’un constat : « J’en avais ma claque d’entendre de la part des hommes des idées du genre ‘les femmes, ce n’est pas pareil, ça jouit peu parce que vous êtes sentimentales' ». Alors qu’en vérité, c’est juste un manque de technique.

Aujourd’hui, le plaisir sexuel est encore trop centré sur celui de l’homme. Certaines femmes ont même peur de blesser l’égo de leur partenaire en se masturbant pendant l’acte… D’autres ne conçoivent même pas qu’on puisse avoir des rapports sexuels sans pénétration. Un petit cours de Sex Education s’impose !