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Lifestyle: TikTok, une application plus néfaste que bienveillante ?

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Certes, l’application TikTok est la plus populaire et la plus téléchargée au monde. Mais elle n’est pas sans danger pour ses plus jeunes utilisateurs !

Exit, Instagram, Snapchat et compagnie. Les générations Y mais surtout Z se sont ruées vers une nouvelle plateforme : TikTok. Qui, on préfère le préciser si vous en doutiez, n’a pas de lien direct avec le vieux tube de Kesha. Le concept est simple et ne casse pas trois pattes à un canard. Sur TikTok – ex Musical.ly- on y relèves des défis et s’amuse au playback. Pour ensuite mieux partager les vidéos de nos performances à notre entourage. Vous trouvez ça débile, voire un peu niais ? Pauvre fous !

La plateforme appartenant au groupe chinois ByteDance est d’ores et déjà prisées par plus de 500 millions de fidèles par mois. Parmi ces figures de proue bien de chez nous, Léa Elui, experte de la danse du ventre. À seulement 17 ans, elle peut se targuer de compter quelques 8 millions d’abonnés. Seulement voilà, quelque part, le problème est là. Comme la frenchie, les utilisateurs sont souvent extrêmement jeunes… et in fine inconscients des dangers auxquels ils s’exposent.

TikTok, paroxysme de l’hypersexualisation

En effet, on pourrait croire que TikTok est l’acmé de la bienveillance. Du challenge bon enfant. Après tout, que celui ou celle qui n’a jamais ressenti l’envie de se filmer mimant du Mariah Carey nous jette le premier micro. Le problème, c’est qu’au-delà des curieux et des proches, les visiteurs des vidéos sont souvent… mal intentionnés. Pourquoi ? Car les usagers sont, on l’a dit, peu âgés. Selon les résultats d’une étude menée par l’association Génération Numérique, 38,8% des 11-14 ans utilisent l’application. Dont 15% de garçons… et 57% de fille. Une majorité féminine assez écrasante, qui n’est pas pour déplaire aux prédateurs sexuels.

Comme sur d’autres réseaux – Instagram en tête- l’apparence y est primordiale. Génération narcissique oblige. Aussi, on tâchera d’y apparaître à son avantage, parfaitement maquillé et apprêté. Mais allez savoir pourquoi –hypersexualisation de notre société, sans doute- la plupart d’entre elles réalisent des « lyp sync » en petites tenues. N’allez pas mal interpréter nos propos. Chacun(e) est libre de faire ce qu’il ou elle souhaite de son corps, et montrer ce qu’il ou elle désire. Mais à 14 ans, a-t-on réellement conscience de ce qui est décent/dangereux ou non ?

TikTok, désormais refuge de pédophiles

Une dérive malsaine qu’a récemment dénoncé le vidéaste Le Roi des Rats. Dans sa vidéo « La face cachée de TikTok », il met en évidence que les jeunes filles aux mouvements et vêtements présumés « aguicheurs » ont pour public des hommes nettement plus âgés. Ces derniers sont férus des comptes compilant danses en brassière ou en maillot de bain. Parfois, ils se « contentent » d’un petit compliment (souvent malaisant) comme « hot » ou « sexy ».

Quand d’autres y vont bien plus franchement, n’ayant pas peur de la vulgarité. Et demandent à en voir plus, forcément. Le youtubeur s’est ainsi fait passer pour une adolescente sur l’application pendant plusieurs jours. Résultat ? Des dizaines de messages à caractère explicite. Plus de doute, le réseau « musical » est devenu le repère des pédophiles.

L’embarras est tel que les autorités françaises ont pointé le bout de leur nez. Sur Twitter, la police a rappelé aux victimes qu’elles peuvent porter plainte en cas de « propositions sexuelles mal-intentionnées ». Le cas échéants, les coupables encourent deux ans de prison ainsi que 30 000 euros d’amende.

TikTok : quelques conseils pour mieux en profiter

Sans doute faut-il aussi se demander si chaque utilisateur à la maturité exigée pour accéder à TikTok. L’âge limite d’utilisation est 13 ans. Mais force est de constater qu’une cohorte d’entre eux est encore loin d’avoir soufflé sa treizième bougie. Dès lors, une discussion entre les enfants et les parents s’impose. Afin dès les sensibiliser, le plus tôt possible, aux inévitables ( ?) dérives des réseaux sociaux tendances portés, entre autres, sur l’apparence.

Pour les autres, curieux ou mordus de l’applications, quelques astuces à léguer de bon cœur au jeune public autour de vous. Au-delà des chiffres mirobolants et fantasmés, acceptez de passer votre compte en privé. Si nécessaire, désactivez les commentaires, ou limitez-les. Empêchez la possibilité de diffuser les vidéos en direct ou, pis encore, de les télécharger. Enfin, n’hésitez pas à signaler puis bloquer les usagers considérés comme dangereux. Et songez à la gestion du temps d’écran, afin de limiter l’utilisation de la plateforme. Car qui dit addiction dit souvent solitude. Un peu ironique, pour un réseau qui se veut social, vous en conviendriez.

Mélissa Chevreuil