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Lyon : un hôpital psychiatrique est intégré dans un centre pénitentiaire

20 mai 2012 à 18:00, par
Lyon : un hôpital psychiatrique est intégré dans un centre pénitentiaire
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Dans la ville de Lyon, une unité Unité hospitalière psychiatrique soigne les urgences et les crises au sein même d’une prison, tout en tendant de faire oublier aux malades leur univers carcéral, un ensemble appelé « hôpital-prison »




Les patients hospitalisés sont des détenus

Le personnel soignant qui travaille au sein de cette unité psychiatrique à Lyon sont contraints, chaque matin, de passer sous le détecteur de métaux, surveillés par lds gardiens de prison. Ces conditions de sécurité leur permettent d’accéder à leur lieu de travail, Unité hospitalière spécialement aménagée (USHA), ensemble dénommé plus simplement « hôpital-prison ».

Les patients hospitalisés dans cet ensemble sont des détenus, en état d’urgence psychiatrique, de crise. Leurs séjours durent en moyenne moins de dix semaines. Le personnel soignant va tout mettre en oeuvre pour les soigner et veiller parallèlement à leur faire oublier leur condition carcérale, une fois arrivés en unité de soin. Pierre, aide-soignant, précise bien qu’il s’agit d’un hôpital avant tout et que les gardiens restent à l’entrée du bâtiment.


L’univers carcéral n’est pas invité dans l’hôpital

Pierre Lamothe, à l’origine du projet, médecin-chef du service médico-psychologique régional (SMPR) de la ville de Lyon, défend une structure bien indépendante de tout univers carcéral, qui ne rappelle pas à la personne qui souffre de troubles psychiatriques qu’elle se trouve en détention.

Les patients sont traités et regardés comme des personnes en souffrance et non comme des prisonniers ou des pénitents, criminels ou non. Il affirme en effet que, dans cet hôpital-prison, « vous avez toujours un soignant comme interlocuteur » au lieu de gardiens, « et ça change tout ». Julie Korp, arthérapeute américaine dans le même centre, explique :

« A la fois, on est au courant de leur histoire, pour savoir où les amener, et on doit l’oublier, parce qu’on travaille avec l’être humain, son côté sain, pas avec son crime »

.


Différentes activités sont proposées aux malades

En plus des soins médicaux et psychologiques dispensés par les cinq psychiatres, l’hôpital offre la possibilité de participer à divers ateliers comme celui d’arthérapie, où l’on s’exprime à travers la peinture et la sculpture.

Le vocabulaire est également bien sélectionné. Le personnel soignant parle en effet de « patient » et jamais de « détenu », de « chambre » au lieu de « cellule ».

Certains patients détiennent même clef de leur chambre, avec laquelle ils peuvent sortir pendant certaines heures, ce qui donne une impression de liberté relative.

L’hôpital reçoit de nombreuses demandes qui relèvent en général de l’urgence. Pourtant, le docteur Lamothe affirme être « totalement sceptique » par rapport à une poursuite du projet d’hôpital-prison par le nouveau gouvernement, en raison d’un grave manque de budget.

Seulement trois unités du même type existent en France. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy en avait pourtant prévu neuf pour 2012.

Jeanne Dorllan

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