La Halde réclame la mixité dans tous les internats
Le 28 décembre 2010 à 17:31
Le 4 novembre 2009, la Halde avait pris en main l’affaire des internats non mixtes fermés aux élèves en classes préparatoires aux grandes écoles en raison de leur sexe. A ce jeu, les filles sont perdantes. Rendue le 11 octobre, la délibération vient d’être dévoilée publiquement par l’AFP, et révèle notamment que selon la loi, « toute discrimination directe ou indirecte fondée sur le sexe est interdite en matière de formation professionnelle ».
Un accès à l’internat pour tous
Sur 16 académies, les deux tiers des places dans les internats des classes préparatoires sont réservées aux garçons, selon le collectif d’associations « Ouvrons les portes ! ». Les jeunes étudiantes n’ont donc accès qu’à 35% des places disponibles en internats. Dans une décision rendue publique lundi, et consultée hier par l’AFP, la Halde dénonce ces pratiques : « Le refus à des filles inscrites en classe préparatoire d’accéder à l’internat du lycée où elles sont inscrites est susceptible de constituer une discrimination fondée sur le sexe interdite par l’article la loi du 27 mai 2008 ». La délibération révèle en outre que la Halde « recommande au ministère compétent en collaboration avec les régions concernées d’établir un plan d’action afin de mettre un terme à l’existence des internats non mixtes », et souhaite également que des « solutions alternatives pour loger les étudiantes en classe préparatoire à proximité des lycées visés et à un coût égal » soient développées dans ce laps de temps. Après tout, pourquoi les garçons pourraient-ils profiter de places assurées en internats, tandis que les filles devraient se loger à leurs frais ? La question semble légitime.
Lutter contre les préjugés sexistes
Selon la Halde, « le maintien d’internats non mixtes ne permet pas de favoriser la mixité filles/garçons dans l’orientation même des étudiants selon les filières scientifiques, économiques et littéraires ». De plus, un arrêté de 1982 sur l’action éducative contre les préjugés sexistes prévoit que l’éducation doit « assurer la pleine égalité des chances entre garçons et filles par la lutte contre les préjugés sexistes » pour « changer les mentalités afin de faire disparaître toute discrimination à l’égard des femmes ». Selon le quotidien Les Echos, le lycée Henri-IV admet des filles à l’internat seulement depuis la rentrée 2010 (21 places leur sont réservées sur 135). Jamel Houbechou, directeur de la promotion et de l’égalité à la Halde, soulève cette discrimination : « Plusieurs lycées parisiens ont longtemps refusé de traiter le problème en arguant que des internats privés existent pour les filles. Mais le plus souvent à un coût plus élevé, ce qui est aussi une forme de rupture d’égalité ».
En Ile-de-France, la région recommande à tous les lycées concernés de « tendre vers la parité à la rentrée 2011 », mais le ministère de l’Éducation nationale mise plutôt sur une parité globale d’ici à 2015.
Lauren Clerc







