Les opposants à l’ACTA manifestent partout en France
Le 30 janvier 2012 Ã 10:00
Les opposants à l’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement), que certains médias ont pu confondre avec les défenseurs de MegaUpload ou avec les Anonymous, ont manifesté un peu partout en France ce samedi
Les manifestants anti-ACTA (nouvel accor international sur la contrefaçon), étaient environ un millier à Paris place de la Bastille, environ une centaine à Bordeaux, à Lille ou à Lyon, un peu moins à Toulouse, Brest, Strasbourg, Montpellier ou Nîmes ce samedi.
Qu’est-ce que l’ACTA ?
ACTA est un projet de réglementation des échanges internationaux qui est en négociation depuis des années et qui porte principalement sur la lutte contre la contrefaçon de produits physiques. Il couvre aussi les produits immatériels mais veut surtout mieux contrôler les échanges de produits contrefaits via Internet et envoi de colis par les services de messagerie classiques.
Pourquoi des Français manifestent-ils ?
Selon l’informaticien.com, les manifestants déploraient la signature, jeudi 26 janvier à Tokyo, de ACTA par l’Union européenne et 22 de ses états membres dont la France. Ils rejoignent 8 autres pays qui ont signé le traité le 1er octobre dernier : Australie, Canada, Japon, Corée du Sud, Maroc, Nouvelle-Zélande, Singapour et USA.
Dès jeudi le rapporteur du projet au PE, l’eurodéduté français Kader Arif (PS), présentait sa démission.
« Je tiens à dénoncer de la manière la plus vive l’ensemble du processus qui a conduit à la signature de cet accord : non association de la société civile, manque de transparence depuis le début des négociations, reports successifs de la signature du texte sans qu’aucune explication ne soit donnée, mise à l’écart des revendications du Parlement Européen pourtant exprimées dans plusieurs résolutions de notre assemblée.
En tant que rapporteur sur ce texte, j’ai également fait face à des manÅ“uvres inédites de la droite de ce Parlement pour imposer un calendrier accéléré visant à faire passer l’accord au plus vite avant que l’opinion publique ne soit alertée, privant de fait le Parlement européen de son droit d’expression et des outils à sa disposition pour porter les revendications légitimes des citoyens.
Chacun le sait, l’accord ACTA pose problème, qu’il s’agisse de son impact sur les libertés civiles, des responsabilités qu’il fait peser sur les fournisseurs d’accès à internet, des conséquences sur la fabrication de médicaments génériques ou du peu de protection qu’il offre à nos indications géographiques.
Cet accord peut avoir des conséquences majeures sur la vie de nos concitoyens, et pourtant tout est fait pour que le Parlement européen n’ait pas voix au chapitre. Ainsi aujourd’hui, en remettant ce rapport dont j’avais la charge, je souhaite envoyer un signal fort et alerter l’opinion publique sur cette situation inacceptable. Je ne participerai pas à cette mascarade. »
Photo CC @linformaticien.com


