Le dernier tango, une valse perverse
Le 23 janvier 2012 Ã 11:00
« Le dernier tango à Paris » de Bernardo Bertolucci a une réputation de film culte depuis sa sortie en 1972. Le sexe et la violence morale y sont pour beaucoup
Marlon Brando incarne la virilité dans un personnage d’homme mûr et fatigué par les événements difficiles de son existence. L’Américain rencontre à Paris une très jeune femme, interprétée par Maria Schneider. Ils ne se connaissent pas, visitent simultanément un appartement dans le 16e arrondissement et font l’amour dans le salon vide qui devient le lieu de leurs ébats. Lui y habite. Elle le rejoint chaque jour. Sans jamais échanger leur prénom, les deux amants explorent la perversité dans ses extrêmes. Lui est manipulateur et tyrannique. Elle est soumise et imprudente. Lui la fait souffrir. Elle en redemande en pleurant.
Bertolucci présente un essai, une vision – sa vision – de la passion et d’une relation destructrice. La fameuse scène du beurre a construit la réputation sulfureuse du film : Brando brutalise la jeune femme en lui glissant du beurre dans l’arrière-train afin de la sodomiser de force. Nombre de spectateurs ont été choqués ; la jeune comédienne a très mal vécu le tournage et dit ne s’en être jamais remise. Cela a contribué a monté Le dernier tango à un rang qui ne le vaut pas tant que ça. Toutefois, il est intéressant de voir cette théorisation du vice. Bertolucci a voulu représenter une époque de transition entre classique et moderne, après mai 68. Il dira d’ailleurs que la relation des deux protagonistes : « est à la mesure des tourments que provoque l’explosion du féminisme ». N’allons pas en tirer trop rapidement des conclusions sur son angoisse d’être homme. Quoique…
Bénédicte Crabouillet

Le Dernier Tango à Paris (Ultimo tango a Parigi) 1972, de Bernardo Bertolucci, avec Maria Schneider, Marlon Brando, Jean-Pierre Léaud





