Path, un réseau social intime: partager sans se faire surveiller
Le 21 mai 2012 à 16:00
Apparu sous forme d’application sur Iphone et Itouch il y a quelques mois, le « petit » réseau social « Path », financé notamment par Ashton Kutcher, fait figure d’ovni dans le milieu : intimiste, il limite le nombre d’amis à 150
Contrairement à Facebook et Twitter, qui pallient sur une augmentation toujours plus importante du cercle de ses « amis » pour une élévation sociale virtuelle toujours plus recherchée, le nouveau réseau social Path promet tout le contraire à ses utilisateurs. Co-fondé par le créateur de Napster Shawn Fanning et Dave Morin, ancien de Facebook, le réseau promet de tracer un changement à 90 degrés dans la perception et l’utilisation des réseaux sociaux.
Le réseau Path s’appuie en effet sur deux constats : d’abord celui de la peur croissante des utilisateurs de Facebook de se voir espionner via leur profil. En effet, le nombre parfois exubérant des contacts et l’amalgame des « amis » et des contacts professionnels, comme la protection douteuse de certaines données personnelles n’encouragent plus au partage d’informations comme se fut le cas dans les premiers temps du géant Facebook. De plus, un nombre toujours croissant d’utilisateurs se disent « perturbés » de l’utilisation de leurs données personnelles à des fins publicitaires.
L’avis des spécialistes de la pensée
En effet, deuxième constat : Path s’appuie sur une étude réalisée par Robin Dunbar, professeur de Psychologie à Oxford et qui affirme que le cerveau humain ne serait capable d’entretenir qu’un maximum de 150 relations sociales à la fois.
Et le sociologue Bernard Cathelat de renchérir : « Facebook s’est crée une mythologie de fraternité amicale désintéressée qui ne tient plus ». Les gens recherchent le lien numérique qu’ils veulent plus fort et plus intime. Plus continu aussi, à l’image d’une connectivité toujours plus poussée et encouragée par les différents smartphones.
« Préserver la confiance et l’intimité de ses usagers »
Ce sont les mots des fondateurs eux-mêmes qui résument bien ce que le réseau veut toucher et transformer. Ils enchaînent ainsi : « nous croyons que la prochaine tendance est le développement de la sphère personnelle et privée » : ce que les usagers ont l’air de croire aussi puisque le réseau Path compte près de trois millions de membres à ce jour.
Et ce n’est pas le seul à suivre cette tendance apprécié, son petit frère californien, « Pair », privilégie quant à lui les liens à deux, entre amants par exemple. Ceux –ci recherchent un partage confidentiel, toujours plus poussé et ininterrompu. C’est également le cas des réseaux français « Famicity » et « Senior evasion » qui permettent à une famille ou à des seniors de retrouver le contact social et humain tout en s’engageant à n’utiliser sous aucun prétexte les données personnelles recueillies.
Au long du 19ème siècle, l’hygiène passait progressivement de la sphère publique à la sphère privée ; deux siècles plus tard, les relations sociales et le partage de données sur Internet semblent vouloir suivre le même schéma.
Voir aussi l’article MCE: Facebook : une plainte pour atteinte à la vie privée pourrait coûter 15 milliards de dollars à Zuckerberg
S.B

